Effondrement d'un immeuble à Montreuil: Le propriétaire entendu par la police

FAIT DIVERS La maire Dominique Voynet a par ailleurs dénoncé «les marchands de sommeil»...

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Quelque 120 pompiers, issus de 20 casernes, sont intervenus à Montreuil, après l'effondrement d'un immeuble sur une maison, le 5 juin 2011.
Quelque 120 pompiers, issus de 20 casernes, sont intervenus à Montreuil, après l'effondrement d'un immeuble sur une maison, le 5 juin 2011. — 20 Minutes / Alexandre Gelebart

Au lendemain de la mort d'une femme et de deux enfants dans l'effondrement d'un immeuble vétuste en réhabilitation de Montreuil, Dominique Voynet a fait part de sa colère. Lundi, la maire de la commune a ainsi montré du doigt les «marchands de sommeil qui se refilent des bâtiments vétustes sans réunir les conditions de sécurité»

Alors que le parquet a annoncé qu'un juge d'instruction pourrait être saisi ce mardi, Dominique Voynet a indiqué que le propriétaire de l'immeuble «était entendu lundi après-midi par la police».

«Marché de dupes»

Selon Dominique Voynet, les trois morts sont une mère de famille et deux de ses enfants de 7 ans et 4 mois. Le bilan de la préfecture fait également état de «huit personnes blessées qui ont pu être secourues», cinq enfants et trois adultes. Appartenant à deux familles, ils vivaient apparemment illégalement dans une maison jouxtant l'immeuble qui s'est effondré.

Il s'agit d'un «ancien hôtel meublé insalubre, connu et suivi par les services municipaux depuis 2002. Il était vide, ses occupants ayant été relogés par la municipalité. La SARL Saber a obtenu fin 2010 un nouveau permis de construire et une autorisation de travaux pour un projet de construction d'hôtel de tourisme, au sujet duquel la municipalité avait fait savoir sa réticence»,a précisé Dominique Voynet

Pour Daniel Mosmant, adjoint au logement et à l'urbanisme, «il y a une vraie responsabilité politique» avec une «espèce de marché de dupes où on fait croire qu'on peut se faire de l'argent facilement en achetant ce genre d'immeubles et en les retapant», s'est-il insurgé.

«Comme un chateau de cartes»

Cet accident a également provoqué la colère du voisinage, avant même les conclusions de l'enquête menée par la sûreté territoriale.

«L'immeuble qui s'est effondré était comme un château de cartes : il ne restait plus que les murs extérieurs et le toit, tout le reste n'était que vide, pas besoin de s'y connaître pour se dire que c'était dangereux de le laisser comme ça» s'insurge Marie, 30 ans, vivant en face des lieux du drame, rue Parmentier à Montreuil, dans la partie la plus aisée de cette commune de Seine-Saint-Denis.

Dimanche vers 23h, l'ancien hôtel social de quatre étages s'est effondré pour des raisons indéterminées sur une maison d'un étage, apparemment squattée par deux familles maliennes.

«La police passait souvent dans cette rue, elle voyait bien l'état de cet immeuble prêt à tomber, je pense que la mairie n'a pas fait son travail», a accusé Charles, 33 ans, qui, sous couvert d'anonymat, dit vivre rue Parmentier depuis plus de trois ans.

Enquête pour «homicide involontaire»

Sur place lundi matin, le procureur de la République à Bobigny, Sylvie Moisson, a annoncé avoir «ouvert une enquête en flagrant délit du chef d'homicide involontaire».

Elle a précisé que cette enquête viserait à déterminer d'éventuelles «responsabilités individuelles», relevant que «même dans des conditions météorologiques violentes, il est rare qu'un immeuble s'effondre de lui-même, il y a nécessairement un enchaînement des causes».

De fortes pluies, avec parfois de la grêle, s'étaient en effet abattues sur une partie de la capitale et de sa banlieue.

Parmi les blessés, les deux premiers enfants, de 5 et 8 ans, évacués peu après le sinistre, sont «indemnes physiquement», selon un porte-parole des pompiers. Les six autres personnes sont considérées comme «victimes en état grave du fait du nombre d'heures passées sous les décombres», a-t-il dit.