Gilad Shalit: Ses parents «espèrent que les responsables de l'enlèvement vont payer le prix de leurs actes»

INTERVIEW Patrick Klugman, l'avocat de Noam et Aviva Shalit, explique à «20 Minutes» pourquoi ses clients ont décidé de porter plainte en France…

Propos recueillis par Bérénice Dubuc

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Photo non datée du soldat israélien Gilad Shalit, diffusée par sa famille le 3 juillet 2006.
Photo non datée du soldat israélien Gilad Shalit, diffusée par sa famille le 3 juillet 2006. — no credit

Les parents de Gilad Shalit, jeune soldat israélien ayant la nationalité française, ont porté plainte ce lundi à Paris , avec constitution de partie civile pour «enlèvement et séquestration», avec comme circonstances aggravantes le fait que leur fils est «retenu en otage» et qu'il a pu «subir des actes de tortures ou de barbarie». La plainte n'est pas déposée explicitement contre le Hamas, mais elle identifie clairement le mouvement islamiste comme ravisseur du jeune soldat. Patrick Klugman, l’avocat de Noam et Aviva Shalit, explique à 20 Minutes pourquoi ses clients effectuent aujourd’hui une telle démarche.

Pourquoi les parents de Gilad Shalit ont-ils décidé de déposer une plainte en France?

Gilad Shalit a la double nationalité, française et israélienne, et est donc un citoyen français victime d’un crime à l’étranger. Comme pour les deux Français disparus en Côte d’Ivoire au mois d’avril, il est possible de saisir un juge d'instruction français qui va enquêter de façon indépendante et impartiale, ce qu’on est en droit d’attendre dans le cadre de la commission d’un tel crime. La famille de Gilad Shalit espère que les responsables de l’enlèvement et de la détention atroces de leur fils, qui les ont revendiqués à de multiples reprises sur Internet, vont payer le prix de leurs actes.

Que va-t-il se passer maintenant?

La plainte à été déposée ce lundi matin devant le doyen du juge d'instruction du tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Un juge d’instruction devrait ensuite être désigné très vite, dans un délai administratif de 8 à 10 jours. Puis, dans le cadre de l'enquête ouverte à Paris, il pourra prendre des initiatives coercitives, comme par exemple émettre des commissions rogatoires, entendre des témoins ou émettre des mandats d’arrêt même internationaux. Dans le cas ivoirien, le juge d’instruction s’était rendu à Abidjan, en compagnie d’une importante équipe d'enquêteurs.

Pourquoi la famille Shalit a-t-elle attendu si longtemps avant de faire cette démarche?

Depuis cinq ans, on a promis des dizaines et des dizaines de fois aux parents de Gilad Shalit que le retour de leur fils était imminent. Or, il n’est jamais arrivé, et il leur fallait toujours attendre. Ils ont compris qu’ils ne devaient plus compter sur ces racontars, sur ces effets d’annonce, et ont décidé de saisir la justice française, le seul moyen incontournable pour eux pour que leur fils revienne. En effet, la justice française est la seule à pouvoir agir. La justice israélienne n’aurait aucune chance de pouvoir enquêter en territoire arabe.

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