Gonzales: «lobotomisé ou rebelle»

MUSIQUE Le chanteur revient au hip-hop avec un orchestre classique...

Benjamin Chapon

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Le pacha Gonzales sera entouré de douze musiciens classiques.
Le pacha Gonzales sera entouré de douze musiciens classiques. — Alexandre Isard

énie autoproclamé (à raison), le Canado-Parisien Gonzales sort aujourd'hui ce qu'il appelle « le premier album de rap symphonique ». Il donnera, ce soir, une version concert de The Unspeakable Chilly Gonzales dont il attend beaucoup : « En répétition, ça sonne pas mal. On fait beaucoup de bruit… » Le « on », c'est lui et douze musiciens classiques.

« Un sabotage »
« J'ai toujours été considéré comme un maestro, donc il était normal qu'à un moment je revienne à cette tradition. » Mais plutôt qu'un retour à la racine, Gonzales parle de « retour à la rancune. Mon expérience des écoles de musique a été traumatisante. Ces institutions, tu en sors soit lobotomisé soit rebelle. » On sait le chemin suivi par Gonzales, capable d'enchaîner tubes pop pour Feist, délires électro cheesy pour lui-même, ravissants récitals de piano (dont le plus long du monde de 27 heures). Douze ans après son premier album, Gonzales über alles, il revient au hip-hop, mais pas aux textes délirants. « Dans ces textes, je mets en scène un sabotage de moi-même. Parce que mon hypocrisie est l'aspect le plus intéressant de moi-même. »

Ses espoirs, ses échecs, ses mensonges… Gonzales en dit long dans cet album sublimement accompagné d'envolées orchestrales sombres. « L'honnêteté est un acte dramatique pour moi. Je ne voulais pas que la musique donne l'impression que ça avait été facile d'écrire ces paroles. »