DSK s'apprête à plaider non coupable

JUSTICE L'audience devant le tribunal pénal déterminera les suites de l'affaire...

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Dominique Strauss-Kahn au tribunal, le 19 mai 2011.
Dominique Strauss-Kahn au tribunal, le 19 mai 2011. — SIPA

Dominique Strauss-Kahn s'apprêtait à plaider ce lundi matin non coupable des crimes sexuels dont il est accusé, au cours d'une audience devant le tribunal pénal de New York à haute teneur dramatique et surmédiatisée.

L'audience doit s'ouvrir à 9h30 (15h30 heure française), et l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) va prendre la parole brièvement pour la première fois depuis son arrestation le 14 mai au moment où il s'apprêtait à partir pour la France.

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Depuis cette date, Dominique Strauss Kahn a passé six nuits derrière les barreaux dont quatre dans la redoutable prison de Riker's Island (nord-est de Manhattan). Il est en liberté surveillée depuis le 20 mai, après avoir versé une caution d'un million de dollars et signé un dépôt de garantie de 5 millions de dollars.

Il réside depuis le 25 mai dans une luxueuse maison de plus de 600 mètres carrés du quartier riche et bohême de TriBeCa (sud de Manhattan), dont la terrasse est cachée aux téléobjectifs des photographes par d'immenses parasols. Il n'est sorti que deux fois, dont une pour se rendre au cabinet de son avocat, Benjamin Brafman.

Dans des documents écrits, notamment dans sa lettre de démission du FMI, envoyée le 19 mai, DSK a rejeté «avec la plus grande fermeté» les accusations de tentative de viol et d'agression sexuelle à l'encontre d'une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan.

Lecture de l'acte d'accusation

Ses avocats, Benjamin Brafman et William Taylor, deux ténors du barreau de New York, ont assuré qu'il plaiderait non coupable lundi, lors de l'audience formelle de lecture de l'acte d'accusation, appelée «arraignment» en droit américain.

Après la lecture de ce document, établi sur la base du verdict d'un «grand jury» et qui comporte sept chefs d'accusation, notamment tentative de viol, agression sexuelle et séquestration - des crimes présumés qui le rendent théoriquement passible de peines pouvant aller jusqu'à 74 ans de prison -, le juge Michael Obus demandera à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, de dire s'il plaide coupable ou non coupable.

S'il plaidait coupable, ce qui est hautement improbable et constituerait un coup de théâtre, il n'y aurait pas de procès et l'ancien ministre français négocierait avec le juge un certain nombre d'années de prison, pas moins de cinq d'après les experts.

Procès dans les prochains mois

Dominique Strauss-Kahn va donc selon toute probabilité plaider non coupable, ce qui signifie qu'un procès sera organisé dans les prochains mois, et qu'il devra affronter sa victime présumée, une jeune femme de 32 ans d'origine guinéenne.

Depuis que le «grand jury» (chambre d'accusation) s'est prononcé après avoir entendu le témoignage de la femme de chambre, le procureur de New York s'est saisi de l'affaire «Etat de New York contre Dominique Strauss-Kahn». La victime présumée comparaîtra au procès comme témoin principal à charge.

Benjamin Brafman se dit depuis le début de l'affaire sûr que l'homme qui était encore il y a trois semaines le candidat socialiste (non déclaré) favori de la présidentielle française de 2012 sortira innocenté de ce procès. «Je ne veux pas rentrer pour l'instant dans le détail de cette affaire mais je suis confiant, je ne pense pas du tout que Dominique Strauss-Kahn soit coupable des faits qu'on lui reproche, et je peux vous prédire qu'il sera relaxé», a-t-il déclaré dans une interview à la chaîne française M6 diffusée dimanche.

Nombreux médias devant le 153 Franklin street et le tribunal

Dès dimanche, un dispositif impressionnant de photographes, journalistes et vidéo-reporters, surtout français, a été mis en place devant le numéro 153 Franklin street, où se trouve la luxueuse maison où DSK est en résidence surveillée, et devant le tribunal pénal situé 100 Centre street, dans le quartier des tribunaux, également dans le sud de Manhattan.

Les photographes fixaient toutes les entrées et sorties, essentiellement celles de l'épouse de Dominique Strauss-Kahn, l'ancienne journaliste française Anne Sinclair, et de deux filles de DSK, Camille et Vanessa.