Téléphones portables et cancer: faut-il s'inquiéter?

SANTE «20 Minutes» fait le point sur l'annonce du Centre international de recherches sur le cancer mardi...

Catherine Fournier

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Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris.
Une personne utilise son téléphone portable, le 15 septembre 2006 place de la Concorde à Paris. — AFP PHOTO/FRED DUFOUR

Que dit l’IARC?

Après une semaine de réunion à Lyon, 31 chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer provenant de quatorze pays, une branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont classé les champs électromagnétiques de radiofréquence (de 30 kilohertz à 300 gigahertz) en catégorie 2B mardi. Mais l’ensemble des études compulsées par l’IARC portaient surtout sur  les ondes des téléphones portables (entre 0,9 et 2,1 GHz), qui présentent donc un «possible» risque cancérogène pour l’homme. Le classement des agents cancérogènes par l’IARC comprend quatre catégories, qui vont du groupe 1 (soleil, ultra-violets, tabac, amiante) au groupe 4 (absence de preuves de cancérogénicité). Le groupe 2B comprend des agents tels que le plomb, le café ou… les cornichons.

Quels sont les risques et pour qui?

Les utilisateurs de portables peuvent développer certaines tumeurs cérébrales (gliomes), car les ondes entament la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique, une membrane qui protège le système nerveux de substances toxiques. Mais attention, tous les utilisateurs ne sont pas exposés de la même façon. Les conclusions de l’IARC s’appuient notamment sur une étude menée à la fin 2010 (Interphone) qui démontre que le risque de développer un gliome augmenterait de 30% pour les plus gros consommateurs (au moins 30 minutes par jour de téléphone portable pendant dix ans). «Ils ne représentent que 10% des utilisateurs», remarque Jean-François Doré, chercheur Inserm au centre de lutte contre le cancer de Lyon, qui a participé à la réunion de l’IARC.

Quelles sont les recommandations?

Si les recommandations relèvent davantage des autorités sanitaires et donc de l’OMS, le directeur de l'IARC, Christopher Wild, préconise toutefois de prendre «des mesures pragmatiques pour réduire l’exposition» aux ondes, comme l'utilisation de kit mains-libres et l'envoi de SMS. Un principe de précaution déjà évoqué à maintes reprises en France, notamment par le Centre de recherche et d'information indépendantes sur les rayonnements électromagnétiques. Ce dernier a établi 12 précautions à prendre pour utiliser son mobile, depuis le choix de l’appareil à son lieu d’utilisation et de rangement en passant par la durée et les conditions d’appels. >> Et les conseils de NeoPlanète pour 20 Minutes, c’est ici 

Quid des antennes-relais?

Si elles sont également classées 2B, la quantité d’ondes à laquelle l’homme est exposé via les antennes relais est «100.000 fois moindre que celle émise par un téléphone portable, dans la mesure où ce dernier est collé à l’oreille», explique Jean-François Doré. Malgré tout, un état des lieux est actuellement réalisé pour mesure les doses de champs électromagnétiques émises par ces antennes. Cette opération, entamée à l’issue du Grenelle des ondes, devrait aboutir à une expérimentation avec les opérateurs téléphoniques pour diminuer la puissance de certaines antennes. 

Où en est la recherche sur les téléphones portables?

«Il est important que de recherches supplémentaires soient effectuées», a souligné Christopher Wild. L’étude sur laquelle se basent notamment les conclusions de l’IARC (Interphone) a en effet été réalisée en 2004. «La génération actuelle de téléphones est beaucoup moins irradiante», observe  Jean-François Doré. En outre, il n’y a actuellement aucune donnée sur l’impact des ondes des portables sur la santé des enfants, même s’il est déjà recommandé d’éviter d’y exposer les moins de 15 ans. Une étude internationale, Mobi-Kids , est actuellement en cours. Mais les résultats ne devraient pas être communiqués avant au moins trois ans.