Le rappeur Cortex face à Marine Le Pen au tribunal

JUSTICE Le rappeur d'Evry comparaissait mardi pour des propos injurieux...

Lucie Soullier

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Il menaçait Marine Le Pen de lui faire subir une «tournante». Un rappeur d’Evry (Essonne), Sébastien Gozlin, alias Cortex, a comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans une vidéo postée sur YouTube en mars 2010, en pleine campagne pour les élections régionales, il avait déversé un tombereau d’insultes sur la présidente du Front national, Marine Le Pen.

 «Elle provoque, je provoque»

Des propos revendiqués mardi, à la barre, par «le rappeur du 91». «Je suis la parole du peuple immigré qui veut s’intégrer», a plaidé le jeune homme de 29 ans, qui a aussi expliqué avoir réagi aux «affiches anti-islamiques du Front national où l’on voyait des femmes en burqa avec des bazookas. Elle provoque, je provoque.» Pour Me Gilbert Collard, «c’est trop facile. Il voulait se faire de la publicité sur le dos de Marine Le Pen. En insultant le FN, il passe pour le gentil. Mais cela ne justifie pas la violence insupportable de ses propos qui portent préjudice à l’image des jeunes de banlieue qui n’insultent pas les femmes.»

De son côté, la procureur a demandé «une sanction», sans plus de détails, et la décision a été mise en délibéré au 5 juillet. Mais la joute verbale entre les deux hommes s’est poursuivie après l’audience, en dehors de la 17e chambre. Me Collard, qui s’est récemment déclaré «mariniste», a avoué que «quand on se bat pour une amie, on est toujours un peu plus ému». «A la prochaine Monsieur Collard», a alors lancé Sébastien Gozlin, sur un ton provocateur.

En effet, un nouveau rendez-vous judiciaire est déjà prévu le 4 août prochain pour d’autres menaces proférées par le rappeur à l’encontre de la présidente du FN. «Tant qu’elle dira des trucs comme ça, je reviendrai», a-t-il promis.