Christine Lagarde poursuivie par un homme d'affaires devant la Cour de justice

JUSTICE Déjà visée par une enquête dans l'affaire Tapie, la ministre de l'Economie est cette fois mise en cause pour sa prise de position dans la vente d'une filiale de GDF Suez...

N. Bu. avec Reuters
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La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 25 mai 2011 à Deauville.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, le 25 mai 2011 à Deauville. — HALEY/SIPA

Après l'affaire Tapie, voilà peut-être une nouvelle épine dans le pied de Christine Lagarde. Un homme d'affaires français a demandé à la Cour de justice de la  République d'enquêter sur le rôle de la ministre de l'Economie dans la vente par  GDF Suez de 25% de sa filiale de transport de gaz GRT-Gaz à la Caisse  des dépôts.

Jean-Marie Kuhn a adressé à cette fin une requête au procureur  général auprès de la Cour de justice de la République, Jean-Louis Nadal.

Interrogé par Reuters, l'entourage de Christine Lagarde voit dans cette requête une «démarche fantaisiste».

    Abus d'autorité

Dans son courrier, Jean-Marie Kuhn estime que la ministre de  l'Economie a commis des abus d'autorité en autorisant la CDC à  concrétiser cet investissement qui n'est, à ses yeux, ni stratégique ni  dans les missions de service public.

Il reproche à la ministre de l'Economie d'avoir favorisé le groupe  Albert Frère lors d'une prise de participation par la Caisse des Dépôts  et Consignations de 25% de GRT-Gaz, filiale de GDF-SUEZ, société de  droit privé.

Jean-Marie Kuhn a engagé plusieurs procédures visant les investissements de la Caisse des dépôts.

    Déjà visée dans l'affaire Tapie

Le procureur général a demandé le 10 mai l'ouverture d'une instruction  devant la CJR contre la ministre française dans l'affaire Tapie.  Christine Lagarde, qui a récemment annoncé sa candidature à la direction  du Fonds monétaire international (FMI), estime n'avoir rien à se  reprocher.

Selon elle, cette saisine est «factuellement, pour certains aspects, fausse et juridiquement très curieusement fondée».