Joué-lès-Tours: Une enfant tuée et dix autres blessés par un fourgon de gendarmerie

ACCIDENT Nicolas Sarkozy a demandé qu'une enquête fasse le plus rapidement possible la lumière sur ce tragique événement...

J. M. avec AFP

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Un blessé est évacué, après l'accident causé par une camionnette de la gendarmerie  qui a fauché un groupe d'une vingtaine d'enfants, le 30 mai 2011 à Joué-les-Tours  (Indre-et-Loire).
Un blessé est évacué, après l'accident causé par une camionnette de la gendarmerie qui a fauché un groupe d'une vingtaine d'enfants, le 30 mai 2011 à Joué-les-Tours (Indre-et-Loire). — AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

>> Dernière info / 21h: Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi soir à Joué-les-Tours en banlieue de Tours pour une marche silencieuse sur les lieux du drame.

Une fillette de 8 ans a été tuée et 10 enfants ont été blessés, dont 7 grièvement, par un véhicule de gendarmerie qui a percuté leur groupe sur un trottoir dans la banlieue de Tours, en Indre-et-Loire. Selon les premiers éléments de l'enquête, le fourgon banalisé aurait dérapé sur une flaque d'huile à la sortie du rond-point de la Gitonnière à Joué-lès-Tours, est monté sur un trottoir, et a percuté le groupe de 25 personnes, dont 23 écoliers âgés de 6 à 8 ans.

«C'est un accident de la circulation qui, semble-t-il, est dû à une mauvaise maîtrise du véhicule», a affirmé le procureur de la République en se basant sur les premières déclarations du gendarme qui conduisait le véhicule, et qui se trouvait seul à bord. Le gendarme a heurté un poteau indicateur avant de faucher les enfants. Il a été placé en garde à vue, selon le procureur de la République, Philippe Varin.

L'enquête a été confiée au commissariat de police de Tours. Le chauffeur du véhicule de gendarmerie a été soumis à un alcootest qui s'est révélé négatif et une expertise technique du véhicule a été demandée, a précisé le parquet. Le fourgon revenait d'une mission logistique à Deauville pour le G8, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Selon la préfecture de Tours, contactée par 20Minutes, les élèves de primaire venait de sortir de leur établissmeent, l'école élémentaire Mignonne, et rejoignaient le stade de rugby de la ville.

Plan d'urgence

Benoît, qui vit juste à côté du rond-point où s'est déroulé l'accident, a indiqué à Europe 1 qu'il avait entendu «des cris de [s]a salle à manger. Je pensais que c'étaient des gamins qui chantaient.» Mais, se rendant compte que le bruit des cris ne s'éloignait pas, il est sorti de chez lui et s'est précipité pour tenter de sauver les enfants blessés: «On a soulevé le camion avec des gens qui étaient là pour libérer un gamin qui était coincé en dessous.» «Certains avaient des blessures aux jambes et aux bras. Ils pleuraient et criaient. Ils ont vu le camion arriver sur eux. Je pense qu'ils ont eu très très peur.»

Le plan rouge - visant à secourir plusieurs victimes au même endroit - a été déclenché. Sitôt le plan d'urgence déclenché, douze ambulances et quatre équipes médicales ont été envoyées sur place. «Ils sont rapidement arrivés sur les lieux et ont évacué les victimes», a indiqué la préfecture dans un communiqué. Les cinq blessés graves ont été transportés dans les hôpitaux de Clocheville, à Tours, et de Trousseau, à Chambray-les-Tours, a indiqué la préfecture. Les victimes et leurs proches ont été accueillis au centre hospitalier régional de Tours, où la préfecture a ouvert une cellule médico-psychologique.

Les enseignants «bouleversés»

Un représentant du ministère de l'Intérieur est attendu sur place. L'Intérieur s'apprête à sécuriser la cité aux alentours, a indiqué à 20 Minutes une source au ministère. Une sécurisation qui, «vu la configuration des lieux, ne va pas être simple». De leur côté, les enseignants de l'école Mignonne sont réunis dans l'enceinte de l'établissement, «bouleversés», et refusent pour le moment de s'exprimer, a indiqué l'un d'entre eux à 20 Minutes.

Nicolas Sarkozy a fait savoir sa «profonde émotion» après cet «accident tragique de la circulation». «Le chef de l’État partage la douleur des familles et des proches des victimes et tient à les assurer de tout son soutien dans cette terrible épreuve. Il exprime également sa solidarité à l'ensemble de la communauté éducative touchée par ce drame et souhaite qu'une enquête fasse le plus rapidement possible la lumière sur ce tragique évènement», indique l'Elysée.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et celui de l’Éducation nationale, Luc Chatel, vont se rendre sur les lieux du drame mardi matin pour rencontrer les familles des victimes.