Après les propos de Brigitte Barèges, GayLib menace de se mettre en retrait de l'UMP

POLITIQUE Ce cercle de réflexion gay au sein du parti de la majorité est outré...

Catherine Fournier

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Après Jean-Luc Romero, les membres de GayLib vont-ils à leur tour claquer la porte de l’UMP? Ce mouvement associé au parti de la majorité, qui oeuvre en faveur de l’égalité pour les personnes LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), a du mal à avaler les propos tenus par Brigitte Barèges mercredi. Alors que la commission des lois de l'Assemblée nationale examinait à huis clos une proposition de loi socialiste pour «ouvrir le mariage aux couples de même sexe», la députée-maire UMP de Montauban s'est exclamée: «Et pourquoi pas des unions avec des animaux? Ou la polygamie?».

«On est effondrés par la teneur de ces propos et on est étonnés car on connaît bien Brigitte Barèges et on a toujours cru qu’elle nous était favorable», indique à 20Minutes Dominique De Souza Pinto, vice-présidente de GayLib. L’association affirme avoir demandé à Jean-François Copé de réagir. Lequel s’est fendu d’un communiqué mercredi soir, soulignant que «ces propos inacceptables ne sont évidemment en rien le reflet d’une quelconque position de l’UMP».

«Vous voulez nos voix, donnez-nous nos droits»

GayLib prévient qu’il sera attentif aux propos tenus lors du débat parlementaire sur la proposition de loi socialiste pour légaliser le mariage des couples homosexuels, qui doit être examinée le 9 juin à l’Assemblée. «On ne voudrait réentendre les propos tenus lors du débat sur le Pacs», s’inquiète Dominique De Souza Pinto, rappelant le cas de Christine Boutin, qui Bible à la main avait déclaré: «Une société qui mettrait sur le même plan l'homosexualité et l'hétérosexualité travaillerait à sa propre disparition

Depuis, l’UMP a évolué sur la question, estime GayLib, citant des évolutions fiscales (héritage pour les pacsés) et législatives (la transsexualité retirée des maladies psychiatrique) adoptées pendant la mandature de Nicolas Sarkozy. Des personnalités comme Rama Yade se sont mobilisées sur la question sur le plan international. Malgré tout, l’association regrette que l’UMP reste à la traîne sur la question du mariage et de l’adoption, alors qu’elle figure au programme de Jean-Louis Borloo et du Parti socialiste. Et de menacer de se mettre en retrait de l’UMP si le parti ne s’aligne pas sur ce point. «La France compterait à peu près 4,5 à 5 millions d’homosexuels en France. Parmi eux, 1,5 million pourrait voter pour l’UMP», calcule Dominique De Souza Pinto. Pour 2012, GayLib a déjà son slogan: «Vous voulez nos voix, donnez-nous nos droits.»