Luc Chatel: «L'expérimentation du sport l'après-midi sera étendue à la rentrée»

EXCLUSIF Le dispositif «Cours le matin, sport l'après-midi» est élargi...

Delphine Bancaud

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Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, hier.
Luc Chatel, le ministre de l'Education nationale, hier. — Alexandre GELEBART

En visite ce matin au collège Edouard-Vaillant de Bordeaux, le ministre de l'Education, Luc Chatel, rencontrera les élèves participant à l'expérimentation «Cours le matin, sport l'après midi», lancée en 2010. L'occasion d'annoncer en avant-première à 20 Minutes son souhait d'étendre le dispositif à la rentrée 2011.

Le mi-temps sportif concerne aujourd'hui 124 établissements et 7.000 élèves. Comptez-vous le déployer davantage à la rentrée?

Oui, cette expérimentation sera lancée dans au moins 125 autres collèges ou lycées et bénéficiera à 7.000 autres élèves. In fine, elle concernera donc 250 établissements et 14.000 jeunes. Comme l'an dernier, l'initiative sera déployée sur la base du volontariat des établissements, mais nous souhaitons qu'elle bénéficie en priorité à ceux qui sont implantés en zones d'éducation prioritaire. Les chefs d'établissements pourront ensuite décider de la mettre en œuvre dans une ou plusieurs classes.

Les structures sportives sont-elles suffisantes pour cette expansion?

Oui. En revanche, elles ne le seraient pas si nous voulions généraliser le dispositif, ce qui n'est pas prévu.

Quel premier bilan tirez-vous de l'expérimentation?

Selon l'enquête réalisée auprès des chefs d'établissements qui l'ont mis en œuvre, les élèves ont en moyenne cinq heures de sport supplémentaires par semaine par rapport au programme classique. Soit sept heures au total. Et 85% des jeunes et des parents interrogés sur le dispositif le plébiscitent. De leur côté, 73% des chefs d'établissements estiment que l'initiative «Cours le matin, sport l'après-midi» renforce la motivation des élèves, 67% pensent qu'elle améliore les relations entre eux et les deux tiers jugent qu'elle est bénéfique au climat social.

Constatez-vous que l'absentéisme est moins fort dans ces établissements?

Oui, car 60% des proviseurs déclarent que l'assiduité a gagné en constance. Plus étonnant : 42% d'entre eux constatent une amélioration des résultats scolaires de leurs élèves. Ce qui prouve bien que le sport favorise le goût de l'effort et le respect des règles.
Mais certains proviseurs estiment que le dispositif n'est pas adapté aux élèves de 6e et 5e… D'autres pensent le contraire. Je laisse donc à leur discrétion le choix des niveaux scolaires dans lesquels ils veulent déployer l'opération.

Autre écueil du système: certains élèves, qui n'ont aucune appétence pour le sport, se voient contraints de le pratiquer...

L'an dernier, l'expérimentation a été lancée un peu tardivement, ce qui a pu rendre la répartition dans les classes un peu compliquée. Mais d'ici à la rentrée prochaine, les chefs d'établissements auront le temps de discuter avec les élèves et leurs parents, afin d'orienter dans ces classes «sportives» les jeunes les plus motivés.