Technologia débarque à l'hôpital de Montpellier

À Montpellier, Caroline Rossignol
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Les experts vont auditionner notamment 200 salariés du CHRU.
Les experts vont auditionner notamment 200 salariés du CHRU. — C. ROSSIGNOL / MDS / 20 MINUTES

   Les 11 000 salariés du CHRU de Montpellier devront répondre ces jours-ci à un document de 136 questions élaboré par Technologia, société experte en risques psychosociaux. C'est déjà Technologia qui avait été mandaté par Renault et France Télécom, après la vague de suicides qui avaient touché les deux entreprises. 

 Un taux de suicide deux fois supérieur à la moyenne
A l'origine de cette enquête, le décès de l'un des agents d'accueil des urgences. A la fin septembre, il avait mis fin à ses jours en sautant du haut de la médiathèque centrale de Montpellier. Quelques jours plus tard, le Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) votait une expertise pour « analyser de façon approfondie les risques psychosociaux », selon les termes du document que 20 Minutes a pu consulter. Pendant plusieurs semaines, des experts vont donc auditionner 200 salariés tirés au sort et « infiltreront » les services. Cette arrivée n'est pas du goût de la direction du CHU, qui a porté plainte au motif qu'il n'y a pas eu d'appels d'offres, avant d'être débouté par le tribunal grande instance. Si la direction de l'hôpital se refuse à tout commentaire, la directrice de l'agence régionale de santé, Martine Aoustin, affiche sa surprise en apprenant l'arrivée de Technologia. « Je ne le savais pas », avoue-t-elle, malgré un coût pour l'hôpital estimé à « 300 000 € » par Catherine Rullier, secrétaire du CHSCT. «  Il est indispensable que l'on fasse le jour sur cette affaire », affirme Martine Aoustin. Car récemment, une secrétaire médicale et un infirmier anesthésiste ont aussi mis fin à leurs jours. En l'état, rien ne permet d'établir un lien entre ces trois décès à sept mois d'intervalle et les conditions de travail. Seule certitude, le taux de suicide au CHRU de Montpellier est deux fois supérieur à la moyenne, fixée à 2 pour 10 000 personnes et par an par l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).