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Pédophile de l'Ardèche: «Jonathan n'avait pas de vie sexuelle, nous le taquinions avec ça»

es parents des victimes du pédophile racontent à quel point ils avaient confiance en ce jeune homme...

C’est un «gentil garçon à qui on donnerait le bon Dieu sans confessions.» Un gentil garçon qui est accusé d’avoir violé et agressé sexuellement une vingtaine d’enfants de 3 mois à 12 ans. Jonathan, jeune Ardéchois de 27 ans, «immature», fan de jeux vidéo, de tuning et de la série Stargate, a reconnu avoir cédé à des «pulsions irrépressibles». Les parents avaient pourtant «toute confiance», comme en témoignent certains d’entre eux dans Le Parisien.

«Nous l’hébergions régulièrement et, faute de place dans nos appartements, il dormait dans la chambre des enfants en toute confiance», indique un parent, sous couvert d’anonymat. Ce jeune homme, «un peu paumé, un peu largué», le couple l’avait rencontré trois ans plus tôt «lors d’une session d’orientation professionnelle au Greta».

«Nous nous sommes dit qu’il n’avait rien à cacher»

Comme l’autre couple qui témoigne dans le quotidien, les parents décident d’aider le jeune homme. «Il était dans nos maisons comme chez lui. Nous lui faisions garder nos enfants plus ou moins régulièrement et nous lui donnions même un peu de sous parfois», se souviennent-ils. Jusqu’à la semaine dernière, quand une de leurs filles les alerte sur le comportement de Jonathan et évoque «des vidéos».

Les parents donnent alors rendez-vous au jeune homme et lui demandent son téléphone portable. Jonathan leur donne de bonne grâce, de même que le code qui protège les vidéos stockées dessus. «Sur le coup, ça nous a rassuré, nous nous sommes dit qu’il n’avait rien à cacher», raconte l’un d’entre eux. Mais en cherchant un peu, ils réalisent leur erreur.

«Maintenant qu’on sait, évidemment, on repense à des choses»

«Nous sommes tombés sur une vidéo dans laquelle une de nos enfants était filmée et violée sur le lit familial», révèle un parent. «Maintenant qu’on sait, évidemment, on repense à des choses», se désolent les couples. «Jonathan n’avait pas de vie sexuelle et nous disait qu’il avait un blocage, poursuit-il. Nous le taquinions avec ça mais sans jamais avoir d’explication.»

«On le prenait pour l’abruti de service alors qu’il est intelligent et insoupçonnable», enrage un parent, qui se souvient avoir «dit deux ou trois fois que ce n’était pas très bien» d’attraper les enfants «entre les jambes» pour les porter. Ces derniers «allaient avec lui de bon cœur», et leurs parents avaient confiance. Désormais, le temps de la reconstruction est venu, car si «de l’extérieur ils semblent aller à peu près, il va falloir les aider, être sûrs qu’ils comprennent bien que tous ces actes qu’ils ont subis ne sont pas normaux.»