Affaire Strauss-Kahn: Les mystères de la suite 2806

ENQUÊTE e nombreuses zones d'ombre demeurent au sujet du scénario de l'agression...

Julien Ménielle
— 
La suite 2806 de l'hôtel Sofitel de New York, dans lequel une femme de chambre accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, en mai 2011.
La suite 2806 de l'hôtel Sofitel de New York, dans lequel une femme de chambre accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, en mai 2011. — AFP PHOTO/Jewel Samad

Pour l’instant, une seule version circule sur l’agression dont est accusé Dominique Strauss-Kahn. Celle de la police de New York, qui se base sur les déclarations de la plaignante. En effet, cette dernière n’est jamais apparue en public et reste sous protection dans un lieu tenu secret. Quant à la défense de DSK, elle réserve ses déclarations sur le sujet. Le procès n’ayant pas commencé, les avocats n’ont pas encore indiqué ce qu’ils comptaient plaider. Le scénario reste donc incomplet, et de nombreuses zones d’ombre subsistent.

Une suite inoccupée
La femme de chambre ignorait que DSK prenait sa douche et pensait que la chambre était vide quand elle y est entrée. De même que cet autre employé, dont on a appris l’existence jeudi, et qui débarrassait le petit-déjeuner avant que la plaignante n’entre. «Cela ne se fait jamais d'envoyer quelqu'un faire la chambre tant que le check-out n'est pas effectué», c'est-à-dire tant que le client n’est pas passé à l’accueil, raconte dans Le Monde une femme de chambre habituée des VIP. Ces derniers sont en effet tracés grâce à la clé magnétique de leur suite. Dans le cas présent, celle-ci devrait bientôt livrer ses secrets.

Un client inconnu
La plaignante ne savait pas qui était le prestigieux occupant de la suite 2806, selon un proche de cette dernière. Une autre femme de chambre du Sofitel, qui n’avait pourtant pas en charge la chambre dans laquelle se trouvait DSK, a indiqué au Figaro que «sa photo avait été, dans le local où nous nous changeons, affichée avant sa venue dans l'hôtel».

La victime séquestrée
La porte était-elle ouverte quand la victime présumée est entrée, et a-t-elle été verrouillée par la suite? Parmi les chefs d’accusation qui pèsent contre DSK, celui de séquestration. L’ex-directeur du FMI aurait en effet enfermé la jeune femme dans sa chambre pour l’empêcher de s’enfuir une fois que celle-ci était entrée. Là encore, l’information est facilement vérifiable par l’analyse des données de la clé magnétique.

La présence de sperme
DSK est inculpé d’agression sexuelle et de tentative de viol. Mais plusieurs journaux ont fait état de traces de sperme retrouvées dans la chambre voire sur la femme de chambre. Les résultats des analyses ADN n’ont pas encore été rendus publiques, alors que de nombreux prélévements ont été effectués. Sur le corps de la victime, mais aussi aux endroits où cette dernière aurait indiqué avoir «craché» après la fellation que Dominique Strauss-Kahn aurait tenté de lui imposer. Un morceau de tapis aurait d’ailleurs été emporté par les enquêteurs.

La mystérieuse femme de chambre
La seule fois où l’accusatrice de DSK est apparue en public, c’était cachée sous un drap blanc par les deux policiers qui l’escortaient. Depuis, aucune déclaration et aucune trace de celle qui semble s’appeler Nafissatou Diallo. La jeune femme de 32 ans bénéficie du programme de protection des témoins. Mais le mystère autour de la femme de chambre du Sofitel est également entretenu par une multitude de fausses pistes la concernant. Sénégalaise, Ghanéenne puis Guinéenne, on l’a d’abord appelée Ophelia, puis Nafissatou, mais Blake Diallo, qui s’est présenté comme son frère mais qui semble n’être qu’un proche, a également indiqué l’appeler Nancy. Selon le Daily Beast, cette dernière, normalement affectée à un autre étage, se serait portée volontaire pour travailler à celui de la suite 2806 après le départ d’une collègue.