Le spectre de 1976 rôde

Alexandre Sulzer

— 

La Loire-Atlantique (ici, le pont suspendu d'Ancenis) fait partie des 42 départements concernés par les restrictions d'eau.
La Loire-Atlantique (ici, le pont suspendu d'Ancenis) fait partie des 42 départements concernés par les restrictions d'eau. — S. MAHE / REUTERS

Mobilisation générale pour éviter que les agriculteurs ne se retrouvent sur la paille. Alors que 42 départements sont désormais concernés par des mesures préfectorales de restriction d'eau à cause de la sécheresse, les pouvoirs publics veulent montrer qu'ils ont pris le problème à bras-le-corps. Avec en toile de fond, le spectre de 1976, année-référence en matière de sécheresse.

Une situation différente
D'ores et déjà, la ministre de l'Ecologie a exclu un impôt sécheresse tel qu'il avait été mis en place il y a trente-cinq ans. « La situation administrative a changé depuis, explique-t-on dans son entourage. Il existe des aides européennes qu'il n'y avait pas à l'époque. Et s'il apparaît déjà que les éleveurs seront très impactés [en raison de la rareté du foin], il est trop tôt pour connaître l'ampleur de la baisse de rendement qui affectera les céréaliers. D'autant qu'elle pourrait être compensée par la hausse des prix. » Pour l'heure, le gouvernement a autorisé l'utilisation de toutes les jachères, théoriquement inexploitables, pour permettre de nourrir le bétail. Mais Ségolène Royal, présidente (PS) de Poitou-Charentes, une région particulièrement affectée, va plus loin en demandant au gouvernement le blocage des prix du fourrage et la réquisition des céréales, notamment destinés à l'exportation, pour alimenter le bétail. Sur le modèle des mesures prises en 1976. « Le bureau des pailles a d'ores et déjà fixé un prix recommandé de la tonne », rappelle de son côté Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, principal syndicat agricole. Quant à la mise en place par le Poitou-Charentes d'un fonds d'aide d'urgence aux éleveurs, elle rétorque : « L'urgence, c'est de trouver des fourrages, les vaches ne mangent pas de billets de banque ! »