Crash du vol Rio-Paris: le «Spiegel» évoque un brusque décrochage

ENQUÊTE ais les circonstances qui y ont mené ne sont pas encore claires...

© 2011 AFP
— 
 
Des débris de l'AF447 récupérés par l'armée brésilienne en 2009
  Des débris de l'AF447 récupérés par l'armée brésilienne en 2009 — H.NEW / REUTERS

L'accident du vol AF447 Rio-Paris en juin 2009 est dû à un brutal  décrochage de l'A330 d'Air France, a affirmé dimanche le magazine  allemand Spiegel, citant un expert ayant participé à l'analyse des données récupérées sur les boîtes noires de l'appareil.

Face à la pression et aux spéculations sur les causes de l'accident les enquêteurs du Bureau d'enquêtes et d'analyses français (BEA)  ont décidé d'avancer leur calendrier en rendant public en fin de semaine  prochaine «des éléments factuels sur le déroulement du vol qui  détermineront les circonstances de l'accident mais en aucune façon les  causes».

Seulement quatre minutes

Selon la source du Spiegel,  citée sous couvert d'anonymat, si les causes exactes de l'accident  n'ont pu être déterminées, l'analyse des enregistreurs de vol laisse à  penser que les sondes de vitesse des avions, dites sondes Pitot, ont  givré, empêchant la transmission de données exactes sur la vitesse de  l'appareil.

L'accident n'a duré au total que quatre minutes, selon la source du Spiegel.  L'enregistreur des données techniques indique «un brusque tangage de  l'appareil peu après la panne des indicateurs de vitesse», mouvement qui  a causé le décrochage de l'avion et sa chute, selon cet expert.

Erreur de pilotage ou sondes Pitot?

Selon le Spiegel, il n'est pas clair si cet enchaînement est le résultat d'une erreur de pilotage,  ou si les ordinateurs de vol avaient cherché à compenser ce qui  apparaissait comme une perte de puissance en raison de la défaillance  des indicateurs de vitesse.

D'après l'enregistreur des  conversations dans la cabine de pilotage, le commandant de bord, Marc  Dubois, ne se trouvait pas dans le cockpit au moment où la première  alarme a retenti et on l'entend regagner à la hâte le cockpit et «crier  des instructions à ses deux copilotes», selon la source du Spiegel.

Les enregistreurs de vol ont été repêchés début mai, près de deux ans après l'accident, et se sont révélés exploitables. L'enquête sur l'accident est particulièrement suivie en Allemagne, 28 des 228 victimes de la catastrophe étant allemandes.