Vol AF447: Pour Air France, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions

CRASH Alors que des informations sur l'analyse des boîtes noires filtrent depuis le début de la semaine...

C. F. avec Reuters
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Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France, s'exprime lors de la présentation des comptes annuels du groupe, le 19 mai 2011 à Paris.
Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France, s'exprime lors de la présentation des comptes annuels du groupe, le 19 mai 2011 à Paris. — AFP PHOTO/ERIC PIERMONT

«Il est aujourd'hui impossible de tirer des conclusions sur les responsabilités de tel ou tel.» Pierre-Henri Gourgeon, le directeur général d'Air France, a voulu couper court ce jeudi aux informations qui filtrent depuis le début de la semaine sur l’analyse des boîtes noires de l’Airbus A333 de la compagnie qui s’est abîmé dans l’Atlantique sud en juin 2009.

Air France et Airbus ont été mis en examen en mars pour homicides et blessures involontaires dans l'enquête sur la catastrophe dans laquelle ont péri 228 personnes. 

«Des supputations dans un sens ou dans un autre»

«Attendons quelques semaines que les experts nous délivrent un message cohérent avant de partir sur des supputations dans un sens ou dans un autre», a déclaré Pierre-Henri Gourgeon, à l'occasion de la publication des comptes annuels du groupe, soulignant qu'un accident est le fruit de la combinaison de divers éléments.

Les enquêteurs français devraient être en mesure de donner cet été la clé du mystère du crash du Rio-Paris grâce aux boîtes noires retrouvées début mai et dont la lecture a permis de recueillir l'intégralité des données techniques relatives aux paramètres du vol et les deux dernières heures de conversations et bruits dans le cockpit.

Informations contradictoires

La radio Europe 1 a indiqué ce jeudi que selon les premiers éléments recueillis, il n'y aurait pas eu d'erreur de pilotage dans la trajectoire de l'avion et qu'Air France aurait 90% de chances d'être disculpée. 

Mardi, Le Figaro indiquait au contraire que ces premières analyses mettaient Airbus hors de cause et orientaient les enquêteurs vers une responsabilité du seul équipage d'Air France ou des procédures de sécurité imposées par la compagnie. 

Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) a pour sa part répliqué qu'aucune conclusion ne pouvait être tirée à ce stade de l'enquête sur les causes de l'accident.