Un rapport critique Lagarde dans l'affaire Tapie

Reuters
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Un rapport de la Cour des comptes  critique les choix de la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui  ont conduit à l'attribution de 285 millions d'euros de fonds publics à  Bernard Tapie en 2008, écrit le Canard enchaîné de mercredi.

Interrogé par Reuters, l'entourage de la ministre ne voit cependant «rien de neuf dans cet article» de l'hebdomadaire satirique.

Selon le journal, le rapport de la Cour des comptes déplore le choix  par Christine Lagarde, en 2007, de la voie de l'arbitrage privé dans le  litige portant sur la vente par le Crédit lyonnais de l'équipementier  sportif Adidas en 1993.

Sur le terrain judiciaire, le CDR, organisme d'Etat chargé  d'assainir la banque, avait auparavant gagné en cassation en 2006.

«Il était nécessaire de s'assurer par toutes les voies appropriées y  compris la consultation du Conseil d'Etat que le CDR était habilité à  recourir à l'arbitrage», estime le rapport, cité par l'hebdomadaire.

Les auteurs du rapport s'étonnent par ailleurs qu'un dispositif  ajouté après coup à la convention d'arbitrage prévoit une indemnisation  pour préjudice moral pouvant aller jusqu'à 50 millions d'euros. Bernard  Tapie a finalement reçu 45 millions à ce titre.

Enquête pour «abus d'autorité»

Alors que les services du ministère lui recommandaient de tenter un  recours, la ministre a ensuite décidé de ne pas s'opposer à la décision  arbitrale accordant 285 millions d'euros à Bernard Tapie en juillet  2008, relève le rapport, cité par le Canard enchaîné.

L'entourage de la ministre de l'Economie rappelle pour sa part que le rapport date d'octobre 2010.

«Les principaux points cités ont déjà fait l'objet d'un courrier en  date du 12 novembre 2010 et signé par le premier président de la Cour  des comptes à l'intention du Premier ministre. Ce dernier y a répondu le  17 janvier 2011», ajoute-t-on de même source. «Tout cela a été rendu  public et est accessible sur le site de l'Assemblée nationale».

Le procureur de la Cour de cassation a demandé le 10 mai une enquête  pour «abus d'autorité» devant la Cour de justice de la République (CJR)  portant sur le rôle de Christine Lagarde. Une commission