Procès Colonna: Le principe d'une reconstitution autorisé par la cour

JUSTICE La cour d'assises spéciale de Paris a jugé la demande de la défense «justifiée»...

Reuters
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Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011.
Yvan Colonna devant la cour d'assises de Paris le 4 mai 2011. — AFP PHOTO/BENOIT PEYRUCQ

La cour d'assises qui juge actuellement Yvan Colonna a accepté ce lundi le principe d'un transport à Ajacci, en Corse, peut-être début juin, pour procéder à une «reconstitution»  de l'assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac. Elle a jugé, dans un arrêt lu à l'audience, la demande de la défense «justifiée» et a donné son accord de principe, tout en déclarant que la date et les modalités exactes attendront. Il s'agit notamment de savoir si les hommes déjà condamnés pour le crime accepteront de participer.

Yvan Colonna, 51 ans, accusé d'avoir tiré trois balles dans la tête du préfet, nie les faits. La défense a exprimé sa satisfaction. «La cour s'est donné les moyens de juger ce dossier», a dit aux journalistes Me Pascal Garbarini. En 1999, les autres protagonistes, condamnés depuis, avaient été conduits en Corse mais avaient refusé de participer. En 2007, au premier procès Colonna, la cour avait procédé à un simple «transport» sans les autres condamnés et les témoins.

Le 6 juin?

En 2009, en appel, le refus de la cour de procéder à une reconstitution plus approfondie avait amené l'accusé et ses avocats à quitter l'audience qu'ils voyaient comme biaisée. Détenu depuis 2003, Yvan Colonna est jugé une troisième fois après la cassation pour vice de forme en 2010 de sa condamnation à perpétuité avec 22 ans de période de sûreté. Ouvert début mai, le troisième procès du berger de Cargèse a pour l'instant produit les mêmes témoignages que les deux premiers, vus par la défense comme favorables à l'accusé.

Une bataille d'experts, jugée vaine par l'accusation, se poursuit concernant la taille du tireur. Les témoins oculaires du crime expliquent soit qu'ils ne peuvent se prononcer, soit qu'ils pensent que l'homme qu'ils ont vu tirer sur le préfet de Corse n'est pas Yvan Colonna. Certains disent avoir vu deux tueurs, d'autres trois. L'accusation et la partie civile estiment que ces éléments ne sont pas décisifs. Le tueur étant grimé, et le crime s'étant déroulé très vite à la tombée du jour, il est possible que les témoins n'aient pas eu une vision précise du déroulement des faits et de ses acteurs, disent-elles.

Dépositions des six hommes du commando

Le moment décisif de ce procès est attendu fin mai avec les dépositions des six hommes du commando, condamnés en 2003 à des peines allant de 15 ans à la perpétuité pour leur participation aux faits. Quatre d'entre eux ont désigné leur ami Yvan Colonna en 1999 comme l'auteur des coups de feu, avant de se rétracter 17 mois plus tard. Ils ont maintenu cette position aux deux premiers procès du berger, en des termes toutefois si ambigus qu'ils n'ont pas convaincu.

De plus, leurs épouses et compagnes ont maintenu ou n'ont jamais rétracté franchement jusqu'ici les dépositions où elles disent avoir vu Yvan Colonna partir en compagnie des autres acteurs du crime, le soir des faits, ou revenir avec eux. La cour pourrait attendre ces dépositions pour se prononcer in fine sur le transport à Ajaccio. La date du 6 juin est envisagée.