Vol Rio-Paris: Les boîtes noires sont bien exploitables

CRASH C'est ce qu'indiquent les enquêteurs du Bureau enquêtes et analyses ce lundi...

Avec AFP
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L'une des deux boîtes noires de l'Airbus A333 d'Air France, qui s'est abîmé dans l'Atlantique sud en juin 2009, est arrivée au Bureau d'enquêtes et d'analyses et au Bourget pour être analysée, le 12 mai 2011.
L'une des deux boîtes noires de l'Airbus A333 d'Air France, qui s'est abîmé dans l'Atlantique sud en juin 2009, est arrivée au Bureau d'enquêtes et d'analyses et au Bourget pour être analysée, le 12 mai 2011. — MEHDI FEDOUACH/AFP

C'est l'information que les familles des victimes attendaient depuis longtemps. Le scénario de l'accident du vol AF447 devrait enfin pouvoir être reconstitué. Toutes les données des boîtes noires de l'Airbus A333 d'Air France ont en effet pu être lues, ont indiqué ce lundi les enquêteurs du Bureau enquêtes et analyses (BEA).

«L'ensemble des données doit à présent faire l'objet d'une analyse  détaillée et approfondie. Ces travaux devraient durer plusieurs  semaines, à l'issue desquelles un rapport d'étape sera rédigé, puis  rendu public au cours de l'été», lit-on dans un communiqué de cet  organisme lié à l'aéronautique.

23 mois au fond de l'Atlantique

L'un des deux  enregistreurs de vol contient les paramètres du vol, l'autre les  enregistrements des bruits et conversations dans le cockpit, précise le  BEA dans un communiqué.

Les boîtes noires sont arrivées en France jeudi dernier, après avoir finalement été repêchées par 4.000 mètres de fond 23 mois après le crash dans l'Atlantique sud.

Forts enjeux judiciaires et  industriels

Les  boîtes noires ont été ouvertes en présence d'experts techniques  allemands, américains, britanniques et brésiliens. Un policier et un expert judiciaire ont aussi assisté à la mise au  jour des cartes électroniques stockant les données, à leur nettoyage et à  leur séchage, précise le BEA.

Le résultat de l'enquête revêt de forts enjeux judiciaires et  industriels. Une procédure judiciaire est conduite parallèlement à  l'enquête technique. Le constructeur Airbus et la  compagnie Air France ont été mis en examen en mars pour  homicides involontaires.

Les sondes Pitot

Un problème de sondes de mesure de vitesse de type Pitot,  fabriquées par Thales, qui équipaient les A330 et A340, a  été avancé comme une cause possible. Les sondes Pitot de l'épave  pourraient être remontées ultérieurement.

Fait connu avant l'accident, ces petits tubes placés à l'avant de  l'appareil givraient à haute altitude, ce qui pouvait perturber le  pilotage. Les Pitot ont été remplacées par d'autres sondes sur toute la  flotte Air France après l'accident.