Vol AF447: Que peuvent révéler les boîtes noires?

Catherine Fournier
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L'une des deux boîtes noires de l'Airbus A333 d'Air France, qui s'est abîmé dans l'Atlantique sud en juin 2009, est arrivée au Bureau d'enquêtes et d'analyses et au Bourget pour être analysée, le 12 mai 2011.
L'une des deux boîtes noires de l'Airbus A333 d'Air France, qui s'est abîmé dans l'Atlantique sud en juin 2009, est arrivée au Bureau d'enquêtes et d'analyses et au Bourget pour être analysée, le 12 mai 2011. — MEHDI FEDOUACH/AFP

La réponse est attendue lundi. Le Bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) saura alors si les deux boîtes noires du vol AF447 Rio-Paris, arrivées jeudi en France, peuvent encore être décryptées après près de deux ans passés au fond de l'Atlantique – un record. Si tel est le cas, les circonstances précises de la catastrophe pourront enfin être connues. Car même si les éléments de la carlingue repêchés peuvent eux aussi «aider à comprendre», les données contenues dans les deux boîtes sont cruciales pour élucider l'accident.

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La lecture des données du vol conservées sur des cartes électroniques qu'il faudra extraire des enregistreurs prendra trois jours au moins si elles ne sont pas endommagées, a expliqué Jean-Paul Troadec, directeur du BEA, qui se dit plutôt confiant.

L’une des deux boîtes noires est chargée d’enregistrer les conversations et les bruits du cockpit, l’autre tous les paramètres du vol (altitude, vitesse, pression, trajectoire…).

Tous les sons du cockpit enregistrés

«L'enregistreur de paramètres donne un peu plus d'un millier de paramètres techniques, donc c'est extrêmement riche, explique Pierre Sparaco, membre de l'Académie de l'air et de l'espace, dans La Charente Libre.

Quant à l'enregistreur d'ambiance dans le cockpit, ajoute-t-il, «il n'enregistre pas seulement les voix humaines mais tous les sons du cockpit. Si un pilote pousse sur un bouton, ça fait un clic/clac, lui aussi enregistré. Les techniciens du BEA sont capables de dire à quoi il correspond. Et s'ils ont un doute, ils vont vérifier sur un A330». 

Des résultats fin 2011

Autant d’éléments qui permettront de répondre à plusieurs questions. Pourquoi le pilote automatique a-t-il été désactivé? Quelles étaient les conditions climatiques exactes? Les sondes de vitesse de l'appareil, dites sondes Pitot, ont-elles été défaillantes à cause d’un givrage en haute altitude? «On saura si les pressions avaient été bien mesurées et si les vitesses avaient été bien calculées et transmises aux systèmes de l’avion», indique Robert Galan, ancien pilote auteur de On a retrouvé les boîtes noires (Ed. Privat).

Une fois les données extraites, un certain temps sera nécessaire pour analyser tous ces paramètres et reconstituer le scénario de l’accident. «Tout sera mis en oeuvre pour que notre rapport soit remis début 2012», a prévenu Jean-Paul Troadec. Le procureur adjoint de Paris Jean Quintard ne pense pas avoir de résultats avant fin 2011.