Sécurité routière: Les constructeurs d'avertisseurs de radars dénoncent les mesures du gouvernement

ROUTE Ils ont tenu ce jeudi matin une conférence de presse pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement mercredi et ont annoncé une grande journée de mobilisation le 18 mai prochain...

Bérénice Dubuc

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Un radar automatique au bord d'une route en France.
Un radar automatique au bord d'une route en France. — SIPA

Ils ne comptent pas se laisser faire sans rien dire. Coyote, Inforad et Wikango, les trois acteurs français du marché des avertisseurs radars, ont tenu ce jeudi matin une conférence de presse commune au cours de laquelle ils ont dénoncé les mesures prises mercredi par le gouvernement en matière de Sécurité routière. Ce qui a provoqué leur colère: l’interdiction des avertisseurs de radar pour lutter contre «le comportement irresponsable de ceux qui s'autorisent à rouler à des vitesses très abusives».

«C’est une décision prise sans concertation, dans l’urgence, et de façon complètement aveugle», s’est emporté Fabrice Pierlot, PDG de Coyote, qui s’est fait le porte-parole des deux autres PDG, Arnaud Rattier de Wikango et Jean-Georges Schwartz d’Inforad. Les avertisseurs de radar, jusqu'alors légaux, sont des boîtiers utilisant des informations publiques (carte des radars fixes) et les informations relayées par les utilisateurs (positions de radars embarqués, de jumelles...) pour prévenir les conducteurs d'une zone de contrôle, de la vitesse autorisée...

Mobilisation le 18 mai

«Les 4,7 millions d’utilisateurs de nos systèmes ne sont pas des délinquants mais des contributeurs actifs à la sécurité et à la prévention routière», a-t-il fait valoir, soulignant que les quelque «2.000 emplois directs et indirects» qu’ont créés les trois sociétés depuis l’ouverture de ce marché il y a quatre ans sont aujourd’hui «mis en péril par le gouvernement».

Forts du soutien de leur communauté sur les réseaux sociaux et sur leurs forums, Coyote, Inforad et Wikango ont donc appelé ce jeudi leurs utilisateurs à la mobilisation mercredi 18 mai à 13h dans toutes les grandes villes de France. «Les utilisateurs seront avertis par message via leurs appareils», a indiqué Fabrice Pierlot.

Objectif: faire reculer le gouvernement

Les trois acteurs ont également annoncé la création de l’Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d’aide à la conduite (Afftac), qui s’adresse à tous les «chauffeurs de taxi, ambulanciers, motards, chauffeurs routiers, représentants de commerces pour qui le permis de conduire est aussi un permis de travailler», a martelé Fabrice Pierlot.

«Le gouvernement souhaite renforcer la vigilance au volant? Toutes les études que nous avons réalisées prouvent que les avertisseurs permettent d’accroître la vigilance de chaque conducteur et permettent de lutter contre les risques de somnolence» , a expliqué le PDG de Coyote. «Nous souhaitons aujourd’hui que le gouvernement comprenne notre rôle et revienne sur sa décision d’interdiction des avertisseurs», a-t-il conclu.