Vol Rio-Paris: les boîtes noires sont arrivées en France

ENQUÊTE n ne sait pas si les données des enregistreurs sont exploitables...

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Un bras articulé récupère une des boîtes noires du vol AF447 écrasé en mer au large du Brésil, le 1er mai 2011.
 
Un bras articulé récupère une des boîtes noires du vol AF447 écrasé en mer au large du Brésil, le 1er mai 2011.   — BEA / REUTERS

Les boîtes noires renfermant les secrets du vol Rio-Paris sont arrivées jeudi en France pour y être décortiquées, avec l'espoir d'élucider enfin le mystère de la catastrophe de l'Airbus A330 d'Air France qui a coûté la vie à 228 personnes il y a près de deux ans.

Les experts du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) devront avant toute chose déterminer si les données des deux enregistreurs sont encore exploitables, après un long séjour de 23 mois au fond de l'Atlantique. Si elles sont lisibles, elles donneront des informations précieuses pour comprendre cet accident, toujours inexpliqué.

Les deux boîtes noires ont été repêchées début mai dans le champ de débris de l'appareil au large du Brésil par un navire câblier affrété par le BEA. Un patrouilleur de la Marine nationale, venu les récupérer, les a ramenées mercredi en Guyane, d'où elles devaient être transférées pour Paris.

Les boîtes noires scellées

Pour leur arrivée, le BEA, chargé de l'enquête technique sur l'accident, organise jeudi matin à son siège du Bourget un point de presse, en présence de représentants de la justice et des gendarmes pour le volet judiciaire. Air France et Airbus (EADS) ont été mis en examen pour homicides involontaires.

Les enquêteurs ne seront pas capables de dire dès jeudi si les enregistreurs seront exploitables ou pas, mais ils pourront détailler les procédures pour leur ouverture et la lecture des données, susceptible de prendre de quelques jours à plusieurs semaines. Depuis leur repêchage, les boîtes noires ont été conservées dans des containers remplis d'eau pour les maintenir au maximum dans leur état actuel. Elles sont également sous scellés en raison de l'enquête judiciaire.

Un point sur les recherches

Le BEA devrait également faire un point sur les phases de recherches et de récupération des autres pièces de l'appareil. Les représentants de la justice et de la gendarmerie s'exprimeront eux sur le sujet épineux de la remontée des corps.

La justice a prévenu mardi les familles des victimes du crash que les corps de leurs proches qui seraient trop altérés et impossibles à identifier ne seront jamais repêchés. «Pour préserver la dignité et le respect» des victimes et de leurs proches, «nous avons pris la décision de ne pas relever les restes trop altérés», ont écrit les magistrats Sylvie Zimmermann et Yann Daurelle, dans un courrier dont l'AFP a obtenu copie.

En fin de semaine dernière, deux corps de passagers ou membres d'équipage du vol AF447 ont été récupérés. A ce jour, l'accident reste inexpliqué. Les enquêteurs ont déterminé que la défaillance des sondes de vitesse de l'appareil, dites sondes Pitot, du fabricant Thales, était l'une des causes de la tragédie. Mais ils estiment que ce dysfonctionnement (givrage à haute altitude) ne peut expliquer à lui seul le crash.