« Aucun témoin ne l'accuse »

matthieu goar

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Me Pascal Garbarini, l'un des défenseurs d'Yvan Colonna (archives).
Me Pascal Garbarini, l'un des défenseurs d'Yvan Colonna (archives). — HADJ / SIPA

Comme en 2007 et en 2009, ils se succèdent à la barre. Et comme lors des deux premiers procès, aucun des témoins de la mort du préfet Claude Erignac n'a formellement reconnu Yvan Colonna sur la scène de crime le 6 février 2009, à Ajaccio (Corse-du-Sud). « Bien sûr, ils n'innocentent pas mon client, mais aucun ne l'accuse », résume Pascal Garbarini, l'un des avocats du berger de Cargèse.

« Je ne l'ai jamais vu »
Ce soir-là, tous les témoins oculaires se dirigent vers le théâtre d'Ajaccio assister à un concert de musique classique. Certains ont d'abord croisé des passants « qui n'avaient pas l'air » de se rendre au spectacle. Paule Frassati, qui marche discrètement avec ses « chaussures aux semelles de crêpe », surprend un homme. Il se cache le visage. Elle a toujours été incapable de le reconnaître. D'autres ont vu deux hommes, « qui avaient l'air de faire le guet ». « Plus je me rapprochais d'eux, moins je les regardais... », explique le violoncelliste Cédric Leprevost, avant d'affirmer en tournant la tête vers Colonna. « Je ne l'ai jamais vu hormis dans cette salle [d'audience]. » Mais sur cette dizaine de témoins, il y a surtout ceux qui ont assisté au meurtre. Vers 21 h, un petit groupe attend le préfet, devant le théâtre, à une trentaine de mètres. « Quelqu'un a dit : “Merde, des tirs”. Certains disaient que la forme à terre était un sac-poubelle », se rappelle Mathilde Muffragi. Tous affirment avoir vu deux hommes prendre la fuite. En n'étant pas sûr de leur taille, sans pouvoir reconnaître leur visage. Il fait nuit, il y a un échafaudage, des voitures... Et combien de coups de feu ? 4 ? 5 ? Entre 4 et 6 ? Les déclarations varient. Une chose est sûre : personne n'a reconnu Yvan Colonna.