Maxime Brunerie: «Un délire suicidaire»

CHIRAC Le skinhead qui a tenté de tuer le président de la République en 2002 sort un livre...

Recueilli par Alexandre Sulzer

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Maxime Brunerie, l'homme qui a tenté d'assassiner Jacques Chirac, lors de la présentation de son livre début mai 2011 à Paris.
Maxime Brunerie, l'homme qui a tenté d'assassiner Jacques Chirac, lors de la présentation de son livre début mai 2011 à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Chemise à carreaux, grand sourire, poli, Maxime Brunerie semble avoir bien changé depuis ce 14 juillet 2002 où il tenta d'assassiner Jacques Chirac et de se suicider avec un 22 long rifle. Libre après sept ans de prison, l'ancien militant radical d'extrême droite publie Une vie ordinaire (éd. Denoël).

Pourquoi avez-vous tiré sur Jacques Chirac?

Je voulais en finir, avec le maximum de retentissement. C'était un délire suicidaire et mégalomaniaque… Si mon geste avait une théâtralité politique, il n'avait aucune utilité politique. Même si Jacques Chirac mourait, personne ne serait venu renverser le pouvoir… C'était une façon de dire : «J'emmerde tout le monde sans exception.»

Quel regard portez-vous sur l'extrême droite aujourd'hui?

J'avais envie de goûter à l'interdit, au sulfureux. Le fait d'être accepté dans un groupe était séduisant. Enfin, il y avait l'exaltation de la force, de la virilité. Et la fierté patriotique. Mais on y tourne en rond. L'extrême droite est une impasse.

Etes-vous toujours raciste?

Lorsque je rencontre un individu, je m'intéresse à lui en tant que tel, et non pas en fonction de sa couleur de peau, ses origines… Il y a des gens bien et des connards partout. Ça, ça a du mal à émerger dans ma petite tête. Mais l'antiracisme a un côté moralisateur que je n'aime pas. Et je me méfie désormais de tout ce qui se termine en «isme»...

Votre changement, vous le devez à la prison?

Non, ma réinsertion, je la dois uniquement à ma volonté. La réinsertion en prison, la «prison des droits de l'homme», c'est du foutage de gueule…

Vous rejetiez le «système». Avec votre livre, vous en voilà la coqueluche!

C'est l'ironie de l'histoire. Je découvre un monde –celui des journalistes– que je détestais. Mais je ne pense pas être devenu bien-pensant pour autant.

Avez-vous envie de rencontrer Jacques Chirac?

Oui, je souhaiterais m'excuser auprès de lui. Je lui ai demandé déjà pardon deux fois, mais je n'ai pas eu de retour.