Sécurité routière: Les conduites à risques dans le viseur

ROUTES Une vingtaine de mesures ont été annoncées mardi pour réduire la mortalité...

Delphine Bancaud

— 

Les panneaux informant de la présence de radars vont disparaître.
Les panneaux informant de la présence de radars vont disparaître. — F. Scheiber / 20 MINUTES

Coup d'accélérateur sur la répression. Après quatre mois de hausse du nombre de tués sur les routes, le gouvernement a voulu taper fort en annonçant, hier, une vingtaine de nouvelles mesures décidées lors d'un Comité interministériel de la sécurité routière (CISR), qui s'est tenu à Matignon. Focus sur les plus emblématiques.

Les panneaux indiquant la présence de radars fixes seront supprimés et les cartes d'implantation ne seront plus rendues publiques. Dans la même logique, les avertisseurs de radar seront interdits. Des mesures saluées par les associations de prévention routière. «Nous les demandions depuis longtemps. Cela va permettre aux gens d'adopter une conduite plus responsable», commente Geneviève Scripzac, de Victimes & Citoyens. A l'inverse, Laurent Hecquet, délégué général de 40 millions d'automobilistes, déplore la suppression des panneaux d'annonce des radars, «qui contribuaient à la pédagogie», et estime que le gouvernement «cherche uniquement à piéger les automobilistes».

Les excès de vitesse de plus de 50 km/h seront désormais qualifiés de délits, dès la première infraction. Et donc, plus uniquement en cas de récidive comme auparavant. Ce délit sera passible d'une peine de trois mois d'emprisonnement, de 3.750 € d'amende et d'un retrait de 6 points. «Une bonne chose», selon Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, même si elle regrette que le gouvernement n'ait pas été plus loin en limitant la vitesse autorisée sur les petites routes départementales.

L'alcoolémie supérieure à 0,8 g/l au volant sera sanctionnée par le retrait de 8 points, contre 6 actuellement. Une décision qui fait l'unanimité chez les associations. Mais pour Geneviève Scripzac, «cette annonce ne servira à rien si le gouvernement ne multiplie pas les contrôles, notamment la nuit».

L'usage du téléphone tenu en main sera plus lourdement sanctionné. La contravention de 2e classe (35€) sera remplacée par une contravention de 4e classe (135€) L'auteur de l'infraction perdra 3 points, contre 2 actuellement. Une démarche saluée par les associations, même si Chantal Perrichon trouve «honteux» que le kit mains-libres n'ait pas été interdit, «alors que la Sécurité routière a révélé la semaine dernière un rapport indiquant qu'un accident sur deux était dû à l'usage du portable au volant».

Les conducteurs de moto devront porter un gilet rétro-réfléchissant. «Une mesure facile à mettre en œuvre», selon les associations, qui se félicitent aussi de l'obligation pour les usagers de moto qui n'ont pas conduit au cours des cinq dernières années de repasser par la case formation..