Un radar automatique au bord d'une route en France.
Un radar automatique au bord d'une route en France. — SIPA

LEGISLATION

Sécurité routière: Les associations très partagées sur les nouvelles mesures adoptées

Un plan a été annoncé par le gouvernement ce mercredi...

Coup d’accélérateur sur la répression. Après quatre mois de hausse du nombre de tués sur les routes, le gouvernement a voulu taper fort en annonçant hier une vingtaine de nouvelles mesures décidées lors Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) qui s’est tenu à Matignon. Focus sur les plus emblématiques.

- Les panneaux indiquant la présence de radars fixes seront supprimés et les cartes d’implantations ne seront plus rendues publiques. Dans la même logique, les avertisseurs de ces mêmes radars seront interdits. Des mesures saluées par les associations de prévention routière. «Nous les demandions depuis longtemps, cela va permettre aux gens d’adopter une conduite plus responsable», commente Geneviève Scripzac, de Victimes & Citoyens. À l’inverse Laurent Hecquet, délégué général de 40  millions d’automobilistes, déplore la suppression des panneaux «qui contribuaient à la pédagogie » et estime que le gouvernement « cherche uniquement à piéger les automobilistes».

- Les excès de vitesse de plus de 50 km/h seront désormais qualifiés de délits, dès la première infraction. Et donc plus uniquement en cas de récidive comme avant. Ce délit sera passible d’une peine de trois mois d’emprisonnement, de 3.750 euros d’amende et d’un retrait de six points. « Une bonne chose », selon Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, même si elle regrette que le gouvernement n’ait pas été plus loin en limitant la vitesse autorisée sur les petites routes départementales.

- L’alcoolémie supérieure à 0,8 g/l au volant sera sanctionnée par le retrait de 8 points, contre 6 actuellement. Une décision qui fait l’unanimité chez les associations. Mais pour Geneviève Scripzac, « cette annonce ne servira à rien si le gouvernement ne multiplie pas les contrôles, notamment la nuit».

- Les sanctions pour usage du téléphone tenu en main seront renforcées. La contravention de 2e classe (35 euros) sera remplacée par une contravention de 4e classe (135 euros) L'auteur de l'infraction sera sanctionné d'une perte de trois points contre deux actuellement. Une démarche saluée par les associations, même si Chantal Perrichon trouve «honteux» que le kit-mains libres n’ait pas été interdit «alors que la Sécurité routière a révélé la semaine dernière un rapport indiquant qu’un accident sur deux était dû à l’usage du portable au volant».

- Les conducteurs de moto devront porter un gilet retro-réfléchissant. «Une mesure intelligente et facile à mettre en œuvre» selon les associations, qui se félicitent aussi de l’obligation désormais pour les usagers de moto qui n’ont pas conduit au cours des cinq dernières années, de repasser par la case formation.

Un plan plus répressif que préventif

«Avec les mesures annoncées, on est sur le tout répressif», juge Laurent Hecquet, Délégué Général de « 40 millions d’automobilistes, qui regrette que le gouvernement n’ait pas aussi misé sur le deuxième volet de la Sécurité routière : la prévention. Selon lui, «Il faut multiplier les campagnes de communication sur des risques au volant, tels que la somnolence». Une opinion partagée par Didier Bollecker, président de L’automobile Club: «l’accent devrait davantage être mis sur la pédagogie. Exemple: l’Autriche a mis en place une formation post-permis afin de vérifier que les conducteurs aient de bons réflexes. Cela a permis de faire chuter de manière radicale le nombre d’accidents de jeunes».

Avec l’aggravation des sanctions pour les personnes qui commettent des impairs sur la route, les associations d’automobilistes craignent aussi que le nombre de conducteurs sans permis augmente dans les prochaines années.