Esclavage: «La conscience humaine se détruit quand des hommes deviennent des animaux»

COMMEMORATION Nicolas Sarkozy a présidé ce mardi matin une cérémonie à l'occasion de la Journée nationale de l'esclavage...

Anne-Laëtitia Béraud
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Le président de la République Nicolas Sarkozy dévoile une stèle au jardin du Luxembourg, à Paris, pour commémorer l'abolition de l'esclavage en 1848, le 10 mai 2011.
Le président de la République Nicolas Sarkozy dévoile une stèle au jardin du Luxembourg, à Paris, pour commémorer l'abolition de l'esclavage en 1848, le 10 mai 2011. — AFP PHOTO POOL / ERIC FEFERBERG

Le président de la République Nicolas Sarkozy a présidé ce mardi matin une cérémonie à l'occasion de la Journée nationale de l'esclavage. Cette journée correspond également au dixième anniversaire de la loi reconnaissant la traite et l'esclavage comme crime contre l'humanité, dite «loi Taubira».

Commémorant l'abolition en 1848 de l'esclavage et de la traite négrière, le président de la République a longuement évoqué dans un discours les souffrances des esclaves, comparés à «du bétail» pendant des siècles. Un esclavage «qui tua massivement des millions de gens», et dont la responsabilité incombe à l’Occident à cause d’un «préjugé de supériorité», a-t-il ajouté.

Stèle dévoilée en hommage aux esclaves

Nicolas Sarkozy a ensuite invité à ne pas «mettre en concurrence les mémoires et les souffrances», évoquant à ce propos le génocide des Juifs durant la Seconde guerre mondiale. «Pas plus que la mémoire humaine ne doit oublier la Shoah, elle ne doit oublier l'esclavage. Parce que l'une et l'autre expriment une leçon universelle», a-t-il déclaré.

Saluant l’action de Toussaint Louverture, le président de la République a également appelé à la vigilance, car «la conscience humaine se détruit quand des hommes deviennent des animaux, des marchandises jusqu’à l’aliénation totale». Nicolas Sarkozy a ensuite dévoilé dans le jardin une stèle en hommage «aux esclaves et à leurs descendants qui par leurs luttes, ont participé au fondement de notre République».

Le 10 mai 2001 était adoptée définitivement par le Sénat la loi reconnaissant à l'esclavage des populations africaines le caractère de crime contre l'humanité. En 2006, l'ancien président Jacques Chirac faisait du 10 mai une journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

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