La villa du prof de clarinette était une maison close

JUSTICE Un ancien professeur de musique a été condamné à cinq ans de prison dont deux ferme pour proxénétisme...

William Molinié

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La musique n’adoucit pas toujours les moeurs... Un ancien professeur de clarinette reconverti en proxénète a été condamné ce lundi à cinq ans de prison dont deux ferme par le tribunal correctionnel de Pontoise(Val-d’Oise). A 52 ans, Serge Vallée a été reconnu coupable d’avoir transformé son paisible pavillon avec piscine de Saint-Prix en maison close.

L’affaire remonte à début 2009. Les enquêteurs de la police judiciaire de Cergy découvrent sur internet des annonces d’escorts-girls dans le département. Certaines proposent des massages, d’autres ouvertement des services sexuels. Après les premières auditions des clients de la maison perquisitionnée, il apparaît aux policiers que Serge Vallée touche un pourcentage sur le montant des prestations, jusqu’à 50 %. D’après les enquêteurs, il aurait gagné ainsi jusqu’à 80.000 € en quelques mois. A son procès, le 14 mars dernier, ce dernier a raconté avoir une dette de 60.000 € envers son frère.

«C’est une vaste hypocrisie»

Explications trop légères pour le procureur de la République qui requiert alors de la prison ferme et la confiscation de la maison. «Lui-même n’a pas l’impression d’être un proxénète. Les filles n’avaient pas de contraintes. Elles allaient et venaient librement. Il ne faisait que mettre à disposition son pavillon et partageait les recettes», avance son avocat, François-Xavier Gombert, qui reconnaît toutefois que l’activité était «illicite».

«C’est une vaste hypocrisie. Car dans d’autres pays comme la Suisse, l’Allemagne ou la Belgique, c’est toléré, voire légal», poursuit-il. Le professeur de musique devra par ailleurs payer une amende de 100.000 € et s’est vu interdire l’exercice pendant trois ans de ses droits civiques, civiles et de famille. Face à cette «lourde peine», son avocat ne savait pas s’il désirait faire appel.