La lettre de Xavier Dupont de Ligonnès: «Quand vous lirez ce courrier "nous n'existerons plus"»

ENQUÊTE l a écrit à sa famille pour expliquer que lui sa femme et ses enfants partent aux Etats-Unis et donne quelques instructions...

M.P.

— 

Montage photo réalisé le 21 avril 2011 de la famille Dupont de Ligonnès, disparue depuis début avril. De gauche à droite et de haut en bas, Xavier, Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît Dupont de Ligonnès.
Montage photo réalisé le 21 avril 2011 de la famille Dupont de Ligonnès, disparue depuis début avril. De gauche à droite et de haut en bas, Xavier, Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît Dupont de Ligonnès. — N. CADO / POLICE JUDICIAIRE / AFP / 20 Minutes

«Coucou tout le monde! Méga-surprise: nous sommes partis en urgence aux USA, dans des conditions très particulières que nous vous expliquons ci-dessous». C’est ainsi que commence l’incroyable lettre de cinq pages envoyée début avril par Xavier Dupont de Ligonnès à neuf membres de sa famille pour justifier son départ, dont RTL dévoile la teneur ce jeudi matin. Tout au long de ce courrier rédigé sans fautes d’orthographe et sur un ton plutôt badin, Xavier Dupont de Ligonnès donne des instructions à ses proches pour régler les derniers détails.

Il explique qu’«au moment où vous lisez cette lettre, nous ne sommes plus en France et ne pourrons y revenir pendant un temps encore indéterminé (quelques années)», en raison d’un programme de protection des témoins du gouvernement américain dans le cadre d’une affaire de drogue. Toute la famille est donc transférée aux Etats-Unis», explique le fugitif alors que son épouse et ses enfants sont déjà morts. «Quand vous lirez ce courrier, nous "n'existerons plus" officiellement en tant que Français.» Evidemment, il ne peut révéler le lieu où la famille va vivre mais précise qu’ «il y fait chaud la plupart du temps et il y a de la bonne musique».

«PS: inutile de s'occuper des gravats sous la terrasse»

Il explique également que la famille n’a plus la possibilité de communiquer par mails, SMS ou téléphone. «Le plus dur» dans ce départ précipité? «Certaines tensions avec les enfants qui ne peuvent avertir leurs amis et qui ont interdiction de Facebook et autres réseaux Internet (mais bon, ça se passe plutôt bien dans l'ensemble. Ils comprennent)», assure le père de famille. Il parle également de l’obligation de donner les deux labradors mais «heureusement», «une personne a pris les deux», explique-t-il alors que les deux chiens sont déjà morts au moment où la lettre est écrite.

A sa famille, il donne du coup quelques instructions pour qu’ils se répartissent les biens de la maison, avec un bémol: «La C5 étant invendable, elle a été refilée pour pièces au père d'un ami d'Arthur». Or, c’est le véhicule qui a été retrouvé dans le Var. Il précise que les écoles des enfants, l’employeur d’Agnès et les propriétaires des logements des deux aînés ont été prévenus. «La version officielle est que nous avons été mutés en Australie pour des raisons professionnelles, sans plus de précisions», écrit-il.

«Prenez bien soin de vous tous. Nous aurons tellement de choses à vous raconter plus tard», lance-t-il, signant «Xavier, Agnès, Arthur, Thomas, Anne et Benoît (le plus dur va être de nous habituer à nos nouveaux noms...!)». Le plus glaçant reste la petite note écrite en fin de lettre: «PS: inutile de s'occuper des gravats et autres bazars entassés sous la terrasse». Or, c’est l’endroit où les corps de toute la famille ainsi que des deux labradors ont été retrouvés. Ce courrier vient prouver, une nouvelle fois, que le suspect n°1 dans la tuerie de Nantes avait préparé non seulement le massacre de sa famille en achetant de la chaux, des toiles de jute et en s’inscrivant à un stand de tir. Mais aussi sa fuite.