Compte Facebook fermé en cas de harcèlement scolaire: Comment ça va marcher?

ÉDUCATION 20Minutes» fait le point sur le dispositif qui va être mis en place...

Catherine Fournier

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Page d'accueil du réseau social Facebook.
Page d'accueil du réseau social Facebook. — US-IT-COMPANY-FACEBOOK

La menace de voir leur compte Facebook disparaître va-t-elle dissuader les élèves «cyber-harceleurs»? C’est en tout cas l’objectif du partenariat qui doit être signé entre le ministère de l’Education nationale, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et l’association E-enfance. Comment cela va marcher ? 20Minutes fait le point.

Qui sera visé?

Tout élève qui se livre à du cyber-harcèlement en «détournant le profil Facebook d’un camarade, en créant un groupe pour lui nuire ou en usurpant son identité via la création d’un faux profil à son nom», explique Justine Altan, directrice de E-Enfance. «Le piratage de profil est plus rare car plus compliqué, précise-t-elle. En revanche, il arrive qu’un élève ait donné son mot de passe à un ami ou un(e) amoureux(se), mais que les relations avec cette personne changent.» Et évoluent vers le pire.

Comment signaler les cas de cyber-harcèlement?

Le personnel de l’Education nationale, éventuellement alerté par les parents, pourra signaler à la Cnil et E-Enfance le cas d’un élève qui en harcèle un autre sur Facebook. Le réseau social, déjà partenaire de ces organismes,  sera à son tour prévenu. S’il s’avère que ses conditions d’utilisation (qui interdisent les cas de harcèlement cités ci-dessus) ne sont pas respectées, plusieurs options sont possibles. «Selon la gravité des faits, Facebook peut juste prévenir l’utilisateur, bloquer son compte ou le fermer», indique Justine Altan. Si les parents souhaitent en outre porter plainte, ils seront accompagnés dans leur démarche, via un autre partenariat avec l’Office central de lutte contre la cybercriminalité.

L’utilisateur peut-il rouvrir un autre compte?

Oui, avec d’autres informations et un autre nom et à condition d’avoir au moins 13 ans (limite d’âge pour s’inscrire sur Facebook). Si les utilisateurs peuvent tricher sur leur âge, un individu déjà blacklisté pour harcèlement scolaire aura plus de difficulté à tromper les vigies de Facebook. Mais «il ne s’agit pas de bannir une adresse IP», relativise Justine Altan, soulignant que ce partenariat a surtout une vocation préventive, pour dissuader les élèves de s’attaquer entre eux sur le réseau social. «Sur Facebook, l’intérêt c’est d’exister avec sa véritable personnalité et pas sous un pseudo. Les jeunes n’ont donc pas envie de voir leur compte Facebook supprimé», estime-t-elle.

La possibilité de faire fermer un compte Facebook qui ne respecte pas les règles d’utilisation n’a d’ailleurs en soi rien de neuf. «L’idée est d’organiser ce qui existe déjà dans une offre spécifique à l’Education nationale», reconnaît E-Enfance.

Les cas de cyberharcèlement scolaire sont-ils plus nombreux?

Si l’on en croit les chiffres communiqués par la médiatrice de l’Education nationale, Monique Sassier, dans Le Parisien daté de ce mecredi, seuls 22 cas de cyber-harcèlement ont été signalés en un an, sur 14 millions d’élèves. Des chiffres non représentatifs, selon E-Enfance, car «ils ne reflètent que les cas les plus graves, qui durent depuis déjà six mois». L’association affirme recevoir de plus en plus d’appels à ce sujet. «Sur le numéro Net-écoute, cela représente 14% des appels», indique Justine Altan. La Cnil, elle, reçoit 15 à 20 plaintes chaque mois, selon Le Parisien.