Paris: Des migrants tunisiens évacués d'un immeuble parisien

IMMIGRATION L'immeuble appartient à la Mairie de Paris qui estime que le bâtiment n’est pas aux normes de sécurité...

Maud Pierron

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Les CRS ont évacué les migrants tunisiens qui occupaient un immeuble de la ville de Paris dans le 19e arrondissement, le 4 mai 2011.
Les CRS ont évacué les migrants tunisiens qui occupaient un immeuble de la ville de Paris dans le 19e arrondissement, le 4 mai 2011. — Acat France/ 20minutes.fr

Les migrants tunisiens qui occupaient le 51, avenue Simon-Bolivar, dans le 19e arrondissement de Paris, ont été expulsés ce mercredi après-midi.  «Le bruit courait dans la matinée» que les CRS allaient venir déloger, explique à 20 Minutes Ophélie Latil, membre de l’association Acat-France. La préfecture a effectivement donné ordre aux compagnies républicaines d’intervenir mardi soir.

D’après Ophélie Latil, il y avait une «cinquantaine» de fourgons et les «150 à 200 Tunisiens» qui squattaient l’immeuble de deux étages appartenant à la Mairie de Paris ont «tous été menottés et embarqués», rapporte celle qui a assisté à la scène.  

Un geste de la mairie de Paris

Sur place, l’ambiance reste tendue. Si le bâtiment est évacué, les alentours sont occupés par des militants, des membres d’associations  et des membres de partis politiques qui s’élèvent contre cette évacuation et qui réclament un logement décent pour ces Tunisiens qui «sont dans la légalité», rappelle Ophélie Latil, puisqu’ils ont un «visa Schengen». «On ne peut pas les renvoyer chez eux». En tout, quelque 200 personnes manifestent leur colère actuellement et «le quartier est sécurisé» par les forces de l’ordre.

C’est la Mairie de Paris qui a demandé cette évacuation car elle estime que le bâtiment de 1000 m2 sur deux étages est dangereux. «Il y a eu un rapport incendie fait il y a six ans» confirme Ophélie Latil. «L’immeuble n’est  pas aux normes en cas d’incendie», rapporte-t-elle. Si elle comprend l’argument, elle désapprouve la méthode plutôt violente.

Elle attend que la Mairie de Paris prenne ses responsabilités et propose des solutions d’hébergement. La mairie dit avoir proposé  quelque 150 places d’hébergement. Mais Ophélie Latil attend que les «100.000 euros» mis sur la table par l’Hôtel de Ville en «solidarité» avec les migrants soient affectés. «On n’en a pas vu la couleur», assure-t-elle de son côté.  D’autant que si 150 à 200 migrants tunisiens squattaient le 51 avenue Simon Bolivar, au moins autant dorment Porte de la Villette.

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