Troisième procès Colonna en direct: Le président de la cour suspend les débats jusqu'à 18h

Matthieu Goar
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B.PEYRUCQ / AFP
Treize ans après l’assassinat du préfet Erignac, Yvan Colonna va donc être rejugé. Lundi, le berger de Cargèse comparaît devant une nouvelle cour d’assises spéciale. En fuite pendant cinq ans puis arrêté en 2003, ce sera son troisième procès, puisque la Cour de cassation avait décidé en 2010 de casser le verdict en appel qui avait condamné le nationaliste à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans.

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Ce procès-fleuve de huit semaines verra défiler plus de 100 témoins. «Cette affaire est une course d’endurance, une nouvelle épreuve pour mon client, explique Vincent Courcelle Labrousse, avocat de Robert Erignac, le frère du préfet assassiné. Je souhaite que les débats se déroulent normalement sans tomber dans l’invective.»

Une course d’endurance et une nouvelle épreuve

En 2009, le procès en appel s’était déroulé dans une ambiance délétère entre les parties (les avocats de la défense avaient menacé de quitter le procès, nombreux incidents pendant les auditions, notamment celle d’un expert en balistique qui affirmait que Colonna est trop petit pour avoir été le tireur, etc.).

Nouvelle stratégie de la défense

Pour ce nouveau procès, les avocats de Colonna ont choisi un nouvel angle d’attaque. «La garde à vue telle qu’elle était menée à l’époque est désormais illégale», confie à La Voix du Nord, Eric Dupond-Moretti, nouvel avocat du berger corse, qui veut s’appuyer sur des arrêts de la Cour européenne.

Autre objectif de la défense: organiser une grande reconstitution sur les lieux du crime et dans des conditions strictement identiques à celle de la nuit du 6  février 1998. «Ça n’aurait de sens que si tout le monde est dans la démarche de la recherche de la vérité», rétorque Vincent Courcelle Labrousse, qui critiquent l’attitude de certains participants au commando.

Ceux-ci avaient accusé Yvan Colonna avant de se rétracter quand le fuyard avait été arrêté. Or ces témoignages sont capitaux puisque il n'existe aucune preuve matérielle (ADN, téléphonie…) permettant de confondre Colonna.