Rome: Jean Paul II proclamé «bienheureux» par Benoît XVI

RELIGION La cérémonie de béatification à débuté vers 10h ce dimanche, devant plus d'un million de fidèles...

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Plus d'un million de personnes sont rassemblées sur la place Saint Pierre, au Vatican, pour assister à la cérémonie de béatification du pape Jean Paul II, le 1er mai 2011.
Plus d'un million de personnes sont rassemblées sur la place Saint Pierre, au Vatican, pour assister à la cérémonie de béatification du pape Jean Paul II, le 1er mai 2011. — REUTERS/Giampiero Sposito

Le pape Jean Paul II a été officiellement béatifié ce dimanche à Rome par son successeur Benoît XVI, devant des centaines de milliers de catholiques réunis sous le soleil place Saint-Pierre. De nombreux drapeaux polonais étaient agités par la foule tandis qu'une peinture géante de Karol Wojtyla a été dévoilée sous les acclamations des pèlerins.

La cérémonie de béatification de Jean Paul II par son successeur le pape Benoît XVI a débuté à 10h. Au cours de cette cérémonie, prévue pour durer deux heures et demie, le pape Jean Paul II a été déclaré «bienheureux» à l'issue d'un processus accéléré lancé peu après son décès en 2005. Quelque 86 délégations officielles, dont 22 chefs d'Etat et de gouvernement, participent à l'événement.

La messe est concélébrée par 800 prêtres qui donneront la communion à la foule de pèlerins, massés pour certains depuis samedi soir tout autour de la basilique. Pour ceux qui ne peuvent pas suivre la cérémonie place Saint-Pierre, quatorze écrans géants ont été placés à Rome, retransmettant les images diffusées par les télévisions du monde entier. Des centaines de milliers de pèlerins ont afflué sur la place Saint-Pierre, dans une cohue bon enfant.

Un pape qui a modernisé l'image de l'Eglise

Aux entrées de la Via de la Conziliazione, grande artère qui mène à la place devant la basilique, les gens attendent patiemment de pouvoir avancer, serrés les uns contre les autres. Beaucoup de Polonais, avec des drapeaux, cotoient des personnes d'une centaine de pays mais en grande majorité Européens. Tout comme les soeurs, les prêtres et religieux étaient nombreux, certains en soutane noire stricte, d'autres en tenue de clergyman. Beaucoup de groupes de jeunes sont visibles, mais aussi des gens venus en famille. Le temps est gris mais la pluie n'était pas encore au rendez-vous.

Près du château Saint-Ange, au bord du Tibre, au début de l'avenue, des centaines de personnes de tous âges sont encore allongés dans des sacs de couchage ou sur des bouts de carton, ou assis sur des pliants. Certains ont l'air épuisé par une nuit blanche. Certains font leur prière, d'autres somnolent. Les pèlerins sont venus honorer un pape qui, tout au long de son règne (1978-2005) ponctué de 104 voyages, a modernisé l'image de l'Eglise.

La France représentée par François Fillon

Au cours de la messe présidée par Benoît XVI, une tapisserie à l'effigie de Karol Wojtyla sera déroulée sur la façade de la basilique Saint-Pierre et un reliquaire contenant une ampoule de son sang sera présenté aux fidèles. Après la cérémonie, les fidèles pourront défiler devant le cercueil de Jean Paul II, non sans avoir laissé la préséance aux seize chefs d'Etat présents, dont le président zimbabwéen très controversé Robert Mugabe, ainsi qu'aux cinq délégations de familles royales. De son côté, la France sera représentée par le Premier ministre François Fillon.

A l'entrée de la place Saint-Pierre, une grande estrade a été installée pour permettre aux caméras des télévisions du monde entier de suivre cet événement. Samedi soir, quelque 200.000 pèlerins, en grande majorité des jeunes, ont pris part dans une atmosphère recueillie au Cirque Maxime de Rome à une veillée à la mémoire de Jean Paul II, avant la cérémonie qui le fera bienheureux dimanche.

Sur le site de cet ancien hippodrome romain, un portrait du pape déjà âgé et une reproduction d'une Vierge à l'enfant sur un fond bleu dominaient la foule noyée dans l'obscurité, où brillaient des milliers de bougies. Après la projection de grands moments de son pontificat, comme son discours d'inauguration «Non abbiate paura» («N'ayez pas peur») et son apparition muette au balcon de son appartement sur la place Saint-Pierre, à la fin de sa vie, trois témoins privilégiés ont évoqué la «sainteté» de Karol Wojtyla.

«Il est mort comme doit mourir un chrétien»

«Je sens sa présence ici au Cirque Maxime, je la sens fortement», a lancé, ému, à la foule, où se trouvaient de nombreux Polonais, l'ancien secrétaire particulier du pape et archevêque de Cracovie, Mgr Stanislaw Dziwisz. Présent à sa mort le 2 avril 2005, Mgr Dziwisz a raconté avoir entonné ce jour-là un Te Deum de remerciement «parce que j'étais convaincu qu'il est mort saint». «Il a donné dignité à la mort, il est mort comme doit mourir un chrétien», a-t-il dit.

«Merci à tous les jeunes, Jean Paul II qui vous voit de là-haut est heureux», a déclaré de son côté la soeur française Marie Simon-Pierre, qui a raconté comment elle avait été guérie miraculeusement de la maladie de Parkinson grâce à l'intercession du pape décédé. «Un pasteur selon le coeur de Dieu, proche du plus faible, du malade, du plus petit», a-t-elle dit. C'est grâce à ce miracle reconnu par l'Eglise que Jean Paul II va être béatifié dimanche matin au cours d'une cérémonie place Saint-Pierre célébrée par son successeur Benoît XVI.

Joaquin Navarro-Valls, ancien porte-parole espagnol du pape polonais pendant 21 ans, a déclaré que «l'Eglise ne fait pas les saints, elle les reconnaît seulement. Jean Paul II était déjà saint». Il a révélé que le pape «se confessait toutes les semaines» et «ne pouvait vivre sans prier». Benoît XVI, en liaison vidéo depuis le Vatican, a récité une prière à Marie et donné sa bénédiction à la foule venue d'une centaine de pays.

A la fin de la veillée a débuté une nuit blanche de prières, avec la possibilité de suivre un itinéraire de huit églises pour permettre à ceux qui le veulent de prier toute la nuit, afin de se préparer à la béatification. Samedi soir, autour du Vatican, des centaines de pèlerins s'apprêtaient à passer la nuit à la belle étoile dans leur sac de couchage pour avoir une place aux premières loges pour la cérémonie.