La béatification du Pape, mode d'emploi

RELIGION Dimanche, aura lieu la béatification de Jean Paul II à Rome. Qu'est-ce une béatification? Comment cela se passe? 20Minutes répond à toutes les questions...

Anne-Laëtitia Béraud

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Jean-Paul II en visite au Portugal en 2003. 
Jean-Paul II en visite au Portugal en 2003.  — GALAZKA/SIPA

Karol Józef Wojtyła, devenu le pape Jean Paul II, va être béatifié dimanche prochain, six ans après sa mort. Près de 300.000 personnes sont attendues à Rome pour cet événement. 

Qu'est-ce qu’une béatification?

La béatification est un «acte solennel par lequel le pape, usant de sa propre autorité, proclame bienheureuse une personne décédée», selon le dictionnaire Le Trésor de la langue française. Pour être proclamé bienheureux, le chrétien ou la chrétienne aura exercé sa foi de manière exemplaire ou héroïque durant sa vie. La validation d’un miracle est aussi nécessaire: Dans le cas de Jean Paul II, le miracle concerne une religieuse française. La sœur Marie Simon-Pierre, qui était atteinte de la maladie de Parkinson, a guéri soudainement.

Est-ce que Jean Paul II  va devenir un saint?

La béatification est différente de la canonisation, un rituel par lequel le bienheureux devient un saint. Pour que Jean Paul II devienne saint, il faudrait qu’un second miracle lui soit attribué.

Pourquoi une béatification six ans après sa mort?

Fait exceptionnel, Jean Paul II devient bienheureux six ans et un mois seulement après sa mort, survenue le 2 avril 2005. Ce jour-là, ses fidèles réclament sa sanctification immédiate, en criant notamment «Santo subito». Le pape actuel, Benoît XVI, n’a pas attendu cinq ans pour commencer l’examen du cas de Jean Paul II, ce qui est la règle. Pour quelles raisons? Jean Paul II a été un pape exceptionnel, tant par la longévité de son pontificat, 27 ans, que pour ses nombreuses actions politiques.

Comment se déroulent les manifestations?

Les manifestations se passent sur plusieurs jours, de vendredi à dimanche prochains.  Vendredi, la tombe de Jean Paul II va être ouverte et son cercueil porté au centre de la basilique Saint-Pierre.

Samedi soir, une veillée se tiendra dans le centre de Rome, avec la tenue d’une célébration et des prières. A la fin de la veillée, les fidèles pourront faire, s’ils le souhaitent, une «Nuit blanche de la prière».

Un parcours balisé, menant à différentes églises de Rome, les conduiront progressivement vers la basilique Saint-Pierre. Les églises proposeront des accueils, et les transports en communs fonctionneront presque toute la nuit de samedi à dimanche. 

Dimanche matin, devant tous les fidèles, une invocation se tiendra à 9h, avant une messe, qui débutera à 10h. A la fin de la célébration, Benoît XVI, le pape actuel, se recueillera devant le cercueil de Jean Paul II. Les fidèles pourront ensuite défiler silencieusement devant la dépouille du nouveau bienheureux.

Une relique de Jean Paul II, constituée d’une ampoule de son sang, va être également exposée dans un reliquaire.

Combien ça coûte ?

Lors d'une récente conférence de presse conjointe avec le cardinal Agostino Vallini, vicaire de Rome, le maire de Rome, Gianni Alemanno a évalué à 3,5 millions d'euros le coût des trois jours -le 30 avril, les 1er et 2 mai- qui verront se dérouler à la fois la béatification et la Fête annuelle du travail, avec les traditionnels concerts organisés par les syndicats.

Concernant l'affluence prévue pour cette béatification, 300.000 pèlerins et visiteurs sont annoncés par l'Œuvre romaine des pèlerinages, l’institution organisatrice de l’événement pour le Vatican.

Que vont faire les autorités françaises?

Le président de la République n’assistera à la cérémonie de béatification, contrairement à ce qu'il avait un temps envisagé. C’est le Premier ministre François Fillon qui représentera la France à cette béatification, car «la France est la fille aînée de l'église», a récemment déclaré le porte-parole du gouvernement François Baroin.

Une position qui a fait bondir l’opposition. Le PS a jugé récemment cette décision de la France «particulièrement choquante», car «la France n’est pas la fille aînée de l’Eglise, c’est «une République laïque».

Hormis le président italien Giorgio Napolitano et le président polonais Bronislaw Komorowski, aucun autre chef d'Etat étranger ne devrait être présent à Rome pour la cérémonie.

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