Affaire Karachi: Le rapport d'autopsie qui change tout

ENQUÊTE 'autopsie du supposé kamikaze n'a jamais été versée au dossier, a découvert le juge Trévidic...

M.P.

— 

Selon cette source, le magistrat avait sollicité jeudi la déclassification temporaire des locaux de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) pour mener cette perquisition. Elle avait pour objectif de saisir "tout document relatif à l'enquête", comme le contenu des écoutes téléphoniques réalisées en 1995 sur des membres du cabinet de François Léotard lorsqu il était ministre de la Défense de 1993 à 1995, selon la même source.
Selon cette source, le magistrat avait sollicité jeudi la déclassification temporaire des locaux de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) pour mener cette perquisition. Elle avait pour objectif de saisir "tout document relatif à l'enquête", comme le contenu des écoutes téléphoniques réalisées en 1995 sur des membres du cabinet de François Léotard lorsqu il était ministre de la Défense de 1993 à 1995, selon la même source. — Rehan Arif afp.com

Enième rebondissement dans l'affaire Karachi. Le juge Trévidic a découvert que le rapport d'autopsie du supposé kamikaze responsable de l'attentat qui a coûté la vie à 14 personnes, dont 11 Français, en 2002, n'avait jamais été versé au dossier, révèle Lemonde.fr.

>> Tous nos articles sur l'affaire de l'attentat de Karachi

Pourtant, Dominique Lecomte, auteure du rapport et directrice de l'Institut médico-légal de Paris a affirmé avoir bien remis ce document au juge Jean-Louis Brugière, en charge de l'affaire jusqu'en 2007, mais qui ne l'a jamais versé au dossier. «Jean-Louis Bruguière nous a demandé le rapport avec insistance. Nous lui avons remis le 7 juillet 2002 l'original», a-t-elle expliqué lors de son audition devant le juge Trévidic le 25 mars dernier.

La thèse du kamikaze a du plomb dans l'aile

Or, cette autopsie, dont le juge a obtenu copie, change tout: elle montre que le supposé kamikaze se trouvait «près du foyer d'explosion» et «était en position debout». «Une information capitale», «qui change tout», selon le journal puisque cela signifie que le supposé kamikaze n’était pas assis dans le véhicule mais bien à l’extérieur. Ce qui ne colle pas avec la thèse du kamikaze, la thèse toujours officiellement retenue par les autorités françaises et pakistanaises, mais qui a de plus en plus du plomb dans l’aile. Interrogé par Le Monde sur l'absence de cette pièce dans le dossier, le juge Bruguière n'a pas fourni d'explications.

>> Les protagonistes en images, c'est par ici

Le site ajoute que le juge d'instruction a transmis mercredi à la cour d'appel de Paris une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dans le but d'annuler le secret défense qui l'empêche d'accéder à certaines pièces du dossier.