Suicides à France Telecom: Chérèque met en cause l'Etat

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Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a affirmé ce jeudi sur France Inter qu'il fallait «poser la question de la responsabilité» de «l'actionnaire principal de France Telecom», l'Etat, dans la vague de suicides dans cette entreprise.

Au-delà de l' «immense émotion» qu'a provoquée chez lui et à la CFDT le suicide d'un de ses militants qui s'est immolé mardi sur le parking de l'entreprise à Mérignac (Gironde), François Chérèque a exprimé «une immense colère».

L’instruction judiciaire doit être «accélérée»

Il s'est demandé «pourquoi les changements ne vont pas plus vite, pourquoi les accords qui ont été signés [sur l'organisation du travail et la lutte contre le stress] il y a six mois ne sont toujours pas appliqués correctement (...)».

«Je demande au président de France Telecom [Stéphane Richard]» à qui je ne fais pas d'accusations personnelles, d'accélérer les changements», a dit François Chérèque.

Le leader de la CFDT a aussi demandé «solennellement au garde des Sceaux d'accélérer, s'il en a le pouvoir, l'instruction judiciaire» ouverte après une série de suicides. Il a estimé qu'il y avait «les responsabilités dans l'entreprise», donnant le nom de deux «responsables» de France Telecom toujours en fonction. «Pourquoi elles sont toujours à France Telecom, ces personnes-là?», a-t-il lancé.

Outré du silence de l’Etat»

Pour François Chérèque, il faut «aller plus loin», et «poser la question de la responsabilité des actionnaires», donc notamment l'Etat, «actionnaire principal» avec 27% du capital.

Il a dénoncé la «rentabilité excessive» demandée à l'entreprise, «de 5% de plus par an», alors qu'elle était déjà de 6%. «Quelles ont été les consignes» données par l'Etat à ce sujet, a-t-il demandé, requérant que l'enquête judiciaire «aille jusqu'au bout».

Le dirigeant syndical s'est enfin déclaré «outré du silence de l'Etat» sur le suicide à Mérignac de Rémi L.. «Même pas un mot de tristesse!», a-t-il protesté, jugeant que «la responsabilité du ministre de la Fonction publique [François Baroin]est de défendre les fonctionnaires».