France télécom cherche à comprendre pourquoi

Delphine bancaud

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Prendre le temps de la réflexion pour analyser le drame. Au lendemain du suicide d'un salarié de France Télécom près de Bordeaux, la direction de l'entreprise a promis d'en tirer des leçons. Stéphane Richard, le PDG du groupe, a annoncé hier avoir ordonné une enquête sur les circonstances du drame et sur le passé professionnel de ce salarié, en promettant d'y associer la famille et les syndicats. « Si cette enquête fait état d'une quelconque forme de responsabilité de l'entreprise, j'en tirerai toutes les conséquences, notamment en ce qui concerne la reconnaissance de ce drame en accident du travail », a-t-il ajouté.

Des questions en cascade
Selon la direction régionale Sud-Ouest du groupe, ce salarié de 57 ans avait été affecté à sa demande en 2010 dans une agence de Bordeaux où il était chargé des conditions de travail, de l'hygiène et de la sécurité. Mais auparavant, il avait changé plusieurs fois de poste et de lieu de travail, ce qui l'aurait déstabilisé, aux dires des syndicats. En février, il aurait envoyé un mail à sa direction pour faire part de son malaise, sans avoir obtenu de réponse, d'après Florence Bordes, déléguée CFDT de France Télécom . « On savait qu'il n'était pas bien ces derniers temps. Il voyait des choses qui se passaient dans l'entreprise et qui auraient dû être abolies depuis la mise en place du nouveau contrat social », a confié la syndicaliste. Pour y voir plus clair, une information judiciaire a été ouverte. L'enquête policière devrait lever voile sur les raisons de cet acte désespéré.

RECONSTRUCTION

En 2010, la direction avait présenté son « nouveau contrat social » destiné à améliorer le climat interne. Il prévoyait le recrutement de dix mille personnes en trois ans, l'arrêt des mobilités forcées, la révision des objectifs individuels…