Claques, fessées… Quelles sont les alternatives?

ÉDUCATION nterdire les châtiments corporels, oui, mais quelles sont les autres techniques pour asseoir son autorité...

Olivia Vignaud

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Illustration d'une petite fille punie.
Illustration d'une petite fille punie. — Joffrion Gordon/SUPERSTOCK/SIPA

Pas de gifle ni de fessée. C’est le message que va tenter de faire passer dès jeudi la Fondation pour l’enfance à travers le lancement d’un spot télévisé. Dans l’idéal, on le sait, il faudrait ne pas avoir à se fâcher tout court. Malheureusement, il arrive à nos chers bambins de transgresser les règles que nous leur imposons. Pour éviter d’avoir recours aux châtiments corporels, quelles alternatives s’offrent aux parents?

La technique du permis à points

«La technique des 'jetons' ou 'permis à points' est très efficace», explique Didier Preux, psychologue clinicien, auteur de Un enfant heureux (Editions Odile Jacob 2010). «C’est-à-dire que tel comportement négatif sera égal à telle conséquence négative. A l’inverse, tel bon comportement sera récompensé par telle chose...», précise-t-il. Ces rapports cause/conséquence, comme toutes réprimandes, doivent être adaptés à l’âge de l’enfant et à la gravité de la bêtise.

L’isolement

«L’une des meilleures technique est le 'time out': l'exclusion de l'enfant dans sa chambre», conseil Didier Preux. Cette méthode a deux grands avantages: elle permet à l’enfant de réfléchir à sa bêtise sans pour autant le traumatiser car il est puni dans un espace qu’il affectionne.

Le coin

Cette technique a fait ses preuves. Mais attention: «Aller au coin, c'est souvent humiliant...», constate Didier Preux. Pour éviter que l’enfant réprimandé ne finisse par se braquer, il faut éviter d’utiliser cette méthode avant qu’il n’ait deux ans, ne pas l'appliquer trop souvent et veiller à ne pas laisser trop longtemps le fauteur dans le coin.

Le cri, inefficace mais pas traumatisant

«Crier ne sert à rien, comme la fessée c'est une 'sanction émotionnelle' d'un parent excédé, en colère», analyse l’auteur. Et d’ajouter: «C'est la 'conséquence' qui est éducative: combien ça coûte de faire telle bêtise?». Mais en revanche, «il n’y a rien de traumatisant dans tout ça. L’enfant est plus solide qu'on ne le croit».

Prendre l’enfant contre soi

Le psychologue pour enfants, Jean-Claude Périanna, explique sur France-Antilles: «S'il fait une crise dans un magasin, le mieux est de contenir son enfant en le serrant contre soi, de sortir, et de lui montrer que vous ne céderez pas, sans le frapper.»

La réparation

La réparation «tient compte du dommage subi par la victime. C’est elle qui négocie avec le transgresseur la mesure de réparation raisonnable», explique l’Association Ni fessée ni tape. Plus concrètement: «Lorsqu’Ugo dit un mot grossier à sa grand-mère, celle-ci subit un préjudice moral. C’est à elle de dire comment Ugo doit réparer sa faute: s’excuser, ou, si elle trouve cela insuffisant, négocier avec elle la réparation qu’elle exige (lui offrir une rose sur son argent de poche, ou le gâteau qu’elle adore...)».

Comment réprimer ses envies de fessées?

Interdire les châtiments corporels, oui, mais quand l’enfant est insupportable, comment ne pas céder à la fessée? «La fessée est souvent signe de l'impuissance des parents, ils ne savent plus comment se faire obéir. C'est 'en amont' qu’il faut intervenir: exiger des règles avant d'attendre l'escalade des comportements», commente le psychologue. Par exemple: «L'enfant est autorisé à se servir du coca à table quand il veut (c'est permis), il renverse un verre et se prend une gifle...  L'autorité, c'est demander à l'enfant de boire de l'eau, de mettre le couvert, d'aider à la cuisine, etc. Ce sont souvent les enfants rois qui reçoivent des baffes...»