Pass contraception: «Les parents doivent être les premiers éducateurs»

Propos recueillis par Catherine Fournier

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A l’instar de ce qui a été fait en Alsace et Poitou-Charentes, un pass contraception pour les jeunes vient d’être lancé en Ile-de-France. Qu’en pensent les parents d’élèves?

Même s’il s’agit d’une nécessité dans certains milieux et certaines régions, où le nombre d’IVG ne fait qu’augmenter, on est en train de traiter les conséquences d’un problème et non l’une de ses causes, c’est à dire l’échec des adultes à en parler. Certains parents ne savent pas comment aborder le sujet ou n’ont pas le temps. Pourtant, c’est à eux de le faire en premier lieu. La contraception est du domaine privé et familial et les parents doivent être les premiers éducateurs.

Mais quand ce n’est pas le cas, l’éducation nationale ne doit-elle pas prendre le relais?

Elle doit apporter un complément d’informations mais elle ne doit pas prendre une part de l’éducation en priorité échue aux parents et due aux enfants. Il ne faut pas banaliser tout ce qui peut avoir un rapport avec la sexualité et expliquer notamment qu’il faut que ce soit consenti et voulu de part et d’autre. C’est pourquoi il faut revaloriser le rôle des parents à ce niveau là.

Faudrait-il les associer au dispositif?

Oui, il faudrait au moins leur expliquer en quoi consiste ce pass, à quoi il sert etc. Car s’ils ne le savent pas et l’apprennent après, il peut y avoir des problèmes. Ce pass a une durée de vie. Quand il est terminé, que se passe-t-il, y’a-t-il un suivi? Si l’enfant n’a pas mis au courant ses parents, que se passe-t-il? Il est vraiment prioritaire de rétablir le dialogue et la confiance.