Famille assassinée à Nantes: La voiture du père retrouvée dans le Var

ENQUÊTE e père est en fuite, après la découverte des corps des quatre enfants et de la mère jeudi...

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Des enquêteurs devant la maison de la famille Dupont de Ligonnes, disparue à Nantes, le 21 avril 2011.
Des enquêteurs devant la maison de la famille Dupont de Ligonnes, disparue à Nantes, le 21 avril 2011. — J.S. EVRARD / AFP

La voiture de la famille nantaise disparue depuis début avril, dont les corps des quatre enfants et de la mère ont été découverts jeudi, a été retrouvée dans la nuit de jeudi à vendredi sur le parking d'un hôtel de Roquebrune-sur-Argens (Var), a constaté un journaliste de l'AFP. La recherche de cette famille nombreuse apparemment sans histoire avait débouché jeudi sur une découverte macabre dans le jardin de la maison familiale, avec cinq corps exhumés.

Les enquêteurs, qui recherchent activement le père Xavier Dupont de Ligonnès, 50 ans, ont retrouvé sa voiture sur la commune où une "trace bancaire" datant du 14 avril, d'une carte appartenant à la famille, avait déjà été enregistrée, selon une source proche de l'enquête. Les autopsies qui permettront d'identifier formellement les victimes et de confirmer que les décès ont été provoqué par une arme à feu sont prévues vendredi à l'institut médico-légal de Nantes.

Après une journée de fouille, les corps de la mère de famille, Agnès, 49 ans et de ses enfants, Arthur et Thomas, 18 et 21 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans, ont été retrouvés, a dit le procureur à Nantes, Xavier Ronsin. Il a précisé que la fosse située sous la terrasse où ont été trouvés les cadavres "ne contient aucun autre corps". Les enquêteurs ont également retrouvé les cadavres des deux chiens du couple.

Un scénario méticuleusement préparé à l'avance?

Loin du coup de folie, les enquêteurs penchent pour l'hypothèse d'un scénario méticuleusement préparé à l'avance, selon des informations obtenues sur place: le bail de la maison avait été résilié, des lettres adressées aux amis et à la direction de l'école pour les prévenir du départ de la famille. Toute la journée, des voisins, des amis, des lycéens et des étudiants sont venus sur place pour savoir ce qui était arrivé à cette famille apparemment sans histoire, installée dans le quartier depuis plusieurs années.

Après un signalement pour disparition inquiétante, l'enquête a basculé jeudi matin "sur une qualification criminelle de séquestration et d'assassinat", comme l'a raconté le procureur à Nantes Xavier Ronsin. Alors que les enquêteurs lançaient un appel à témoin "pour trouver tout indice, tout témoignage utile ou toute preuve de vie", les fouilles menées à l'abri d'une grande bâche sur un boulevard très passant de Nantes ont permis de découvrir un reste de jambe sous la terrasse, puis un premier corps.

Avant de disparaître, des messages "délirants et contradictoires" ont été envoyés, selon le procureur. A certains proches, "Monsieur a expliqué qu'il était agent secret et qu'il partait dans le cadre d'un programme de protection des témoins", a-t-il dit. Le directeur de l'établissement privé fréquenté par les enfants les plus jeunes a reçu un courrier évoquant une "mutation professionnelle urgente" en Australie, avec "un chèque pour solde de tout compte jusqu'à la fin de l'année scolaire".

Courrier à retourner à l'expéditeur

Souvent absent pour des raisons professionnelles, selon le procureur, le père, un homme brun au visage rond était gérant d'une petite société à Pornic "dans le tourisme", chargée de préparer un guide touristique, selon le patron du café voisin. La mère, qui enseignait le catéchisme, était surveillante dans un établissement scolaire. Pour un voisin, Florent Chotard qui la voyait "au niveau du diocèse", "c'était quelqu'un de très bien, très impliqué".

Entre autres témoignages, un des voisins, Fabrice assure avoir vu le père, il y a 15 jours, vêtu d'un short et de chaussures bateau, mettant "des gros sacs dans sa voiture", une "C5". Il dit avoir vu Agnès pour la dernière fois le dimanche 4 avril. "Quelques jours après", les deux labradors "ont hurlé à la mort pendant toute la nuit et, après, plus rien". A l'emplacement de la boite à lettre, un petit carton indique: "courrier à retourner à l'expéditeur. Merci".