Pourquoi mange-t-on du chocolat à Pâques?

GASTRONOMIE On en raffole, on en a consommé 13 400 tonnes à la même période l'an passé, mais sait-on vraiment d'où vient cette tradition...

Olivia Vignaud

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Illustration d'oeufs en chocolat blanc.
Illustration d'oeufs en chocolat blanc. — Thierry Roge / Reuters

Tout est parti de l’œuf. La tradition qui veut que l’on s’offre des œufs à cette période de l’année remonte à l’Antiquité. Selon la légende, il y a 5.000 ans, les Perses se donnaient au printemps des œufs de poule, symboles de fécondité et de renouveau, pour se porter bonheur. 

En Europe, la coutume trouve ses racines dans la fête de Pâques qui commémore la résurrection de Jésus Christ. Le dimanche de Pâques marque la fin du carême. Cette période de jeun autrefois très respectée, interdisait, entre autres, aux fidèles de manger des œufs. A la fin des 40 jours de privation, les fidèles s’offraient la production des poules accumulée.

De l’œuf au chocolat, il n’y a qu’un pas

Une information qu'Élisabeth de Contenson, auteure du chocolat et son histoire, précise. «On retrouve des traces de cette coutume au XVe siècle, en Alsace. Il s'agit alors d'œufs de poule, que l'on peint et que l'on décore, et qui sont destinés à être mangés. Elle se répand peu à peu et, aux XVIIe et XVIIIe siècles, il devient de bon ton, notamment dans les cours princières, d'offrir des œufs richement ornés, contenant parfois une surprise». Pour la petite anecdote: Louis XV en offrit un énorme à sa maîtresse, Madame du Barry, qui put y découvrir à l'intérieur une statuette de Cupidon. «Cet art culmine à la cour de Russie au XIXe siècle, avec le célèbre Fabergé», rapporte l’écrivaine.

Et le chocolat dans tout ça? «On ignore la date exacte à laquelle l'on a eu l'idée de percer les œufs d'un côté, pour les vider et les remplir de chocolat. Sans doute au XVIIIe siècle, mais c'est au XIXe siècle que l'on commence à voir apparaître les œufs tout en chocolat, notamment, à partir des années 1830, grâce au développement des techniques de travail de la pâte de cacao (dont les progrès sont considérables) et surtout grâce à l'apparition et à la diversification des moules (en cuivre ou en fer étamé), qui permettent d'obtenir des formes en chocolat de plus en plus variées», raconte Elisabeth de Contenson. En 2010, les Français ont respecté cette coutume récente puisqu’ils ont ingurgité 13.400 tonnes de chocolat à Pâques.