le gel des salaires jette un froid

Delphine Bancaud

— 

Ils ont quitté prématurément la séance en signe de protestation. Réunis hier à Bercy pour le « rendez-vous salarial annuel », les syndicats de fonctionnaires se sont vu confirmer le gel en 2012 du point d'indice, qui sert de base de calcul au salaire des agents. Il n'y aura donc pas d'augmentation générale pour les 5,2 millions de fonctionnaires l'an prochain, et ce, pour la deuxième année consécutive. « C'est une mesure responsable vis-à-vis de nos finances publiques », a déclaré le ministre du Budget, François Baroin, pour justifier cette décision, évoquant les sacrifices imposés aux fonctionnaires en Espagne, en Italie, au Portugal... Manière de montrer qu'en dépit de la crise, la France traite bien ses agents.
Autre argument : seul un quart de l'augmentation des agents découlerait de l'évolution du point d'indice. Le ministre a donc assuré que leur pouvoir d'achat avait « progressé de 10 % depuis 2007 », notamment grâce aux augmentations individuelles, aux primes... Des arguments qui n'ont pas apaisé la colère des syndicats. « Il n'y a pas eu, ce matin, l'ombre d'une négociation », s'est exclamée Brigitte Jumel, de la CFDT, à l'issue de la réunion.

Inquiets pour les bas salaires
« C'est travailler plus pour gagner moins. L'Etat employeur ne donne pas l'exemple », a commenté Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Les syndicats ont également exprimé leurs inquiétudes pour les agents touchant des bas salaires, qui bénéficient peu, selon eux, de la politique de rémunération au mérite. Bien décidées à exprimer leur grogne, les organisations syndicales ont d'ailleurs prévu de se rencontrer le 28 avril afin de décider d'une éventuelle mobilisation.