Réforme de la garde à vue : «Ça va être le bordel pendant quelques semaines»

REACTIONS Les syndicats de policiers réagissent à la décision de la Cour de cassation d'appliquer immédiatement la réforme...

Catherine Fournier

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Illustration garde à vue.
Illustration garde à vue. — JAUBERT/SIPA

«La loi va être appliquée dans la précipitation.» Après la décision de la Cour de cassation de faire appliquer immédiatement la réforme de la garde à vue, c’est l’incompréhension du côté des policiers. «On aurait pu attendre  afin de faire ça calmement», estime Philippe Capon, secrétaire national d’Unsa Police. La loi, publiée ce vendredi au Journal officiel, devait entrer en vigueur le 1er juin. Dans son arrêt rendu ce vendredi, la plus haute juridiction française en a décidé autrement.

Selon les syndicats, le ministère de l’Intérieur avait anticipé cette décision, modifiant les PV d’audition, qui doivent prendre un compte la présence d’un avocat durant toute la garde à vue et le droit pour le gardé à vue de garder le silence.

«Risque d’embouteillage»

Malgré tout, «il y a un risque d’erreurs dans les procédures», déplore Nicolas Comte, secrétaire national du SGP Police, le syndicat majoritaire. Et de pointer un risque d’embouteillage, notamment dans les petits commissariats de province, qui manquent d’officiers de police judiciaire – chargés de notifier la garde à vue -, et devront attendre l’arrivée d’avocats, moins nombreux et plus éloignés, dans un délai de deux heures. «Cela peut-être embêtant dans un certain nombre d’affaires», prévient le syndicaliste.

«Il va y avoir un flou. Ça va être le bordel pendant quelques semaines», pronostique également Philippe Capon, qui ne décolère pas face à la «façon dont tout cela est fait». Son collège s’interroge aussi : «Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas pris les devants depuis plusieurs mois, voire plusieurs années?»