Xynthia: Le maire de La Faute-sur-Mer mis en examen pour «homicide involontaire»

CATASTROPHE Après avoir été placé en garde-à-vue mercredi matin...

B.D. avec AFP
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Le maire de La Faute-sur-Mer René Marratier assiste aux premières destructions des zones noires, le 30 mars 2011.
Le maire de La Faute-sur-Mer René Marratier assiste aux premières destructions des zones noires, le 30 mars 2011. — F. ELSNER / 20 MINUTES

Le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), René Marratier, a été mis en examen ce jeudi pour «homicide involontaire» et «mise en danger de la vie d'autrui» après la tempête Xynthia, a indiqué son avocat, Me Olivier Metzner, au tribunal des Sables-d'Olonne. «On lui reproche de ne pas avoir respecté  des règlements que, pour beaucoup, il ne connaissait pas», a ajouté le conseil en assurant que son  client «a toujours parfaitement respecté toutes les directives et  circulaires qui lui avaient été données».

René Marratier a été placé sous contrôle judiciaire avec pour seule obligation de répondre aux convocations du juge, selon nos informations. Thierry Dran, procureur de la République des Sables-d'Olonnes, a indiqué à 20Minutes que «d'autres auditions sont prévues car René Marratier ne s'est pas expliqué sur les faits». Le maire de La Faute-sur-Mer a été conduit plus tôt dans l'après-midi au palais de justice des Sables-d'Olonne pour être  présenté au juge d'instruction après une trentaine d'heures de garde à  vue.

René Marratier est la première personne mise en examen dans le cadre de  cette enquête, a précisé Thierry Dran. Sa première adjointe et un autre membre de la commission urbanisme  de la commune avaient été placés en garde à vue ces derniers jours, avant d'être relâchés.

«Je ne  laisserai pas un élu local être ce coupable»

Le 28 février 2010, la  brusque montée des eaux provoquée par l'effet conjugué des vents  violents et d'une marée de fort coefficient avait fait 29 morts dans la  petite station balnéaire de La Faute-sur-Mer. «Quelques heures avant le drame, il a reçu  une lettre circulaire préfectorale indiquant un risque de submersion des  rivages, en aucun cas des maisons», a précisé l'avocat de  René Marratier. «Tous les  permis de construire accordés par M. Marratier ont été validés par les  juridictions administratives», selon Me  Olivier Metzner.

Mercredi matin, René Marratier avait été placé en garde-à-vue à la gendarmerie des Sables d’Olonne pour être entendu par les enquêteurs en charge de l’instruction ouverte après la tempête. Me Metzner expliquait alors à 20Minutes que son client allait simplement «expliquer aux gendarmes qu’il a totalement respecté les décisions des juridictions administratives en matière de permis de construire» et leur montrer une lettre de la préfecture conseillant aux habitants de rester chez eux. «Or, ceux qui sont restés chez eux sont ceux qui sont morts», avait indiqué le conseil.