Tempête Xynthia: Le maire de La Faute en garde à vue

JUSTICE Dans le cadre de l'instruction après la tempête...

à Nantes, Guillaume Frouin

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René Marratier, le 30 mars 2011.
René Marratier, le 30 mars 2011. — F. ELSNER / 20 MINUTES

René Marratier a été placé mercredi en garde à vue à la gendarmerie des Sables-d'Olonne (Vendée). Le maire de La Faute-sur-Mer, où sont mortes noyées 29 personnes en février 2010, était entendu dans le cadre de l'instruction ouverte après la tempête Xynthia. Une cinquantaine de plaintes ont été déposées par des sinistrés et des familles de victimes, pour « homicide involontaire», « mise en danger de la vie d'autrui », «prise illégale d'intérêts» et «abstention de combattre un sinistre».

De possibles conflits d'intérêts

Cette audition fait suite à celle de sa première adjointe, mardi, et d'un autre membre de la commission d'urbanisme, jeudi dernier. Tous sont soupçonnés de possibles conflits d'intérêts, dans l'urbanisation débridée de la station balnéaire. Le préfet de Vendée avait aussi été entendu dans l'affaire, mais comme simple témoin.

« En garde à vue, on peut être entendu plus longtemps et on ne peut pas partir quand on le souhaite », explique Thierry Dran, procureur de la République. Le maire de La Faute-sur-Mer, dont l'audition se situe « dans le droit fil de l'enquête » selon le magistrat, estime « avoir totalement respecté les décisions des juridictions administratives en matière de permis de construire », répète Olivier Metzner, son avocat.

Il a aussi produit un fax de la préfecture, envoyé aux maires la veille de la tempête, qui conseillait aux habitants de « rester chez eux » la nuit du drame. Un conseil fatal pour ceux qui l'ont suivi.