Accouchement sous hypnose: De plus en plus de femmes volontaires

SANTE Les femmes enceintes se tournent de plus en plus vers cette méthode qui permet de dissocier son corps et son esprit et ainsi de mieux maitriser la douleur...

Olivia Vignaud

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Illustration de femme enceinte.
Illustration de femme enceinte. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

De plus en plus de femmes enceintes semblent hypnotisées par cette méthode. C’est le constat fait par le Centre hospitalier universitaire Robert Debré, adepte de pratique depuis quatre ans, qui a décidé de consacrer ce mercredi à l’information sur cette préparation prénatale un peu particulière. 

Les femmes qui utilisent l’hypnose ont «soit une contre-indication de péridurale, soit veulent des outils pour être maitre à bord (gérer leur stress, contrôler la douleur etc.) lors de l’accouchement». Les patientes sont généralement «ouvertes d’esprit», explique Isabelle Ignace, psychologue clinicienne, responsable du pôle pédagogique à l'IFH (Institut française d’hypnose). Dans tous les cas, les femmes enceintes qui font appel à cette méthode doivent être volontaires: «c’est la condition pour que l’état de transe fonctionne», ajoute-t-elle.

Dissocier son corps et son esprit

Les professionnels (sages-femmes et anesthésistes, principalement) utilisent la méthode du «conditionnement». «Au cours de séances de relaxation, on apprend aux femmes à dissocier leur corps de leur esprit, à contrôler leur respiration», explique Danielle Lelaidier, sage-femme, hypnothérapeute. Catherine Bassereau, qui exerce la même profession, précise: «On les amène dans un état de conscience particulier, de transe légère, qui n’est pas du sommeil. Elles ne sont pas complètement absentes, on peut leur parler, les faire bouger, elles nous font confiance».

Concrètement, comme cela se passe-t-il? «On peut conduire la patiente dans un lieu réel ou imaginaire dans lequel elle se sent en sécurité pour limiter la douleur, par exemple», raconte Catherine Bassereau qui utilise cette technique depuis 15 ans. Isabelle Ignace relate, elle, que l’une de ses patientes arrivée à terme et pressée d’accoucher «a imaginé que le train quittait la gare» et que cela a fonctionné. Les techniques utilisées sont donc liées à l’imaginaire de chacune des patientes.

Hypnotisées mais conscientes qu'elles accouchent

A noter que l’état de conscience modifiée dans lequel se retrouvent les patientes ne les empêche pas de se souvenir de leur accouchement. «L’hypnose permet de gérer la douleur des contractions mais en aucun cas de passer à côté de l’accouchement. Comment une femme ne pourrait-elle pas être consciente que son bébé arrive?», ironise Danielle Lelaidier. «Les femmes ont l’impression d’avoir contrôlé ce qui s’est passé, les retours sont bons», précise Isabelle Ignace.

Un point sujet à controverses: le temps de pratique de la méthode avant l’accouchement. Pour Catherine Bassereau: «Cinq, six séances voire une seule, pour les femmes les plus réceptives, suffisent, même si elles n’ont jamais pratiqué l’hypnose». En revanche, pour Danielle Lelaidier, les méthodes de relaxation ne s’acquièrent pas du jour au lendemain: «Certaines femmes se conditionnent dès cinq mois et c’est ce qu’il y a de plus efficace. Entre les séances, elles peuvent écouter chez elles des enregistrements que je leur donne et apprendre à se mettre elles-mêmes en état d’hypnose».

Un apprentissage qui ne coûte pas plus cher que les autres préparations prénatales. «Les séances sont remboursées par la sécurité sociale, au même titre que les préparations classiques», rapporte Catherine Bassereau.

Et vous, vous laisseriez vous tenter par l’expérience?