Le maire de La Faute-sur-Mer en garde-à-vue

JUSTICE Il est entendu dans le cadre de l'enquête sur la tempête Xynthia...

A Nantes, Guillaume Frouin

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Le maire de La Faute-sur-Mer René Marratier assiste aux premières destructions des zones noires, le 30 mars 2011.
Le maire de La Faute-sur-Mer René Marratier assiste aux premières destructions des zones noires, le 30 mars 2011. — F. ELSNER / 20 MINUTES

René Marratier, le maire de La Faute-sur-Mer (Vendée), est  placé en garde-à-vue depuis ce mercredi matin à la gendarmerie des Sables d’Olonne. Il est entendu par les enquêteurs en charge de l’instruction ouverte après la tempête Xynthia, qui a fait 29 morts en Vendée dans la nuit du 27 au 28 février 2010.

Ce n’est pas la première garde-à-vue dans cette affaire: sa première adjointe Françoise Babin, en charge de l’urbanisme, a été remise en liberté ce mercredi matin, après avoir passé la nuit à la gendarmerie. Son fils est l’un des principaux agents immobiliers de la petite station balnéaire. Jeudi dernier, un autre membre de la commission d’urbanisme -par ailleurs responsable d’une entreprise de construction immobilière- avait aussi passé sa journée à s’expliquer devant les enquêteurs.

 René Marratier n’a pas prévu de se laisser démonter

Le préfet avait lui aussi été entendu il y a quelques mois, dans la même affaire, mais sous le simple statut de témoin. «Le choix de la garde-à-vue ouvre des droits, comme la présence de l’avocat au bout de la première demi-heure», explique Thierry Dran, procureur de la République des Sables d’Olonne. «Elle permet aussi d’être entendu pendant plus longtemps que le statut de simple témoin, et de ne pas pouvoir partir quand on veut: le dossier est d’une telle complexité qu’il réclame plus d’une demi-journée.»

René Marratier, dont l’audition était prévue de longue date, n’a pas prévu de se laisser démonter. «Il va expliquer aux gendarmes qu’il a totalement respecté les décisions des juridictions administratives en matière de permis de construire», explique son avocat, Olivier Metzner. Il a aussi prévu de montrer aux enquêteurs une lettre de la préfecture « reçue la veille de la tempête », qui le dédouanerait concernant la gestion défaillante de l’alerte. «Elle conseille aux habitants de rester chez eux... Or, ceux qui sont restés chez eux sont ceux qui sont morts», affirme Olivier Metzner.