Guéret: Jugés pour le meurtre de la belle-mère, congelée, dissoute dans de l’acide, cachée dans du béton

Guillaume Boulord

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Cheveux poivre et sel coupés courts, vêtu d’un pull beige, Pascal Formont, 51 ans, est entré le premier dans le box des accusés face à une salle comble. Son ancienne concubine, Sylvie Lafont, 30 ans, chemisier blanc et pantalon noir, a suivi. Leur procès, qui se tient aux assises de Guéret, dans la Creuse, à partir de ce lundi doit déterminer qui est à l’origine du meurtre de Madeleine Alleyrat, la mère de Sylvie, frappée à mort.

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Pour la justice, l’histoire a commencé en 2007, lorsque l’une de sœurs de Séverine Lafont appelle la gendarmerie. Elle est sans nouvelle de sa mère depuis trois ans. Les gendarmes se rendent au domicile du couple. C’est là qu’ils découvrent des morceaux du corps de la victime dans des pots de peinture.

Pour faire disparaître le corps, le couple a fait preuve d’une imagination morbide. D’abord mis au congélateur, il a ensuite été recouvert de chaux, avant d’être enterré dans la cave puis déterré et aspergé avec de l’acide de batterie. Il est alors placé alors dans une lessiveuse au grenier, le tout coulé dans du béton. D’autres parties du corps sont mises dans deux pots de peinture, et coulées dans du goudron. Ces derniers voyageront. Ils seront d’abord entreposés dans une grange louée par le couple dans l’Allier, avant de revenir au nouveau domicile conjugal.

Handicapée à 80%

Le meurtre aurait été commis en mars 2004, à Arrènes dans la Creuse, une petite ville de 200 habitants. Pascal Formont et Sylvie Lafont s’occupent de la mère de cette dernière, âgée de 57 ans et handicapée physique à 80%. Séverine Lafont nie avoir tué sa mère, mais avoue lui avoir donné une paire de gifles et l’avoir bousculé. Pascal Formont s’est dans un premier temps déclaré coupable du meurtre. Mais ce dernier est revenu sur ses propos en 2008. Depuis, le couple se renvoie la balle, et le procès doit démêler le vrai du faux.

Durant ces trois années de dissimulation du corps de la victime, le couple a continué d’encaisser les allocations logement et les allocations adulte handicapé pendant deux ans pour un montant de 27.195 euros.