la rupture faitdu bien à borloo

dELPHINE bANCAUD

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Jeudi sur France 2, Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il quittait l'UMP.
Jeudi sur France 2, Jean-Louis Borloo a annoncé qu'il quittait l'UMP. — Thierry Chesnot/SIPA

La dynamique Borloo est en marche. Selon un sondage Ifop pour Le JDD paru hier, Jean-Louis Borloo apparaît comme le meilleur candidat du centre pour l'élection présidentielle de 2012. Ainsi, 37 % des sondés pensent qu'il incarne le mieux les idées et les valeurs du centre, devançant François Bayrou (36 %), Dominique de Villepin (19 %) et Hervé Morin (7 %). Une forte progression pour l'ancien ministre de l'Ecologie, qui gagne 13 points par rapport au sondage de novembre 2010 où la même question était posée. « Cette forte percée s'explique par son départ du gouvernement et sa rupture annoncée jeudi avec l'UMP. Deux actes qui l'ont symboliquement affranchi de Nicolas Sarkozy », explique Frédéric Dabi, directeur du département opinion de l'Ifop. Une indépendance bien perçue donc par l'opinion publique et qui vient s'ajouter à d'autres atouts de Borloo pour une éventuelle candidature en 2012. « Il est populaire partout, à la fois chez les classes moyennes et les professions libérales. Car il incarne la proximité via son expérience d'élu local à Valenciennes, et son bilan ministériel est perçu comme honorable », poursuit Frédéric Dabi.

Un scénario encore inconnu
Reste à savoir comment les autres forces du centre réagiront à cette percée de Borloo. « François Bayrou n'est plus dans la position de 2007, il a désormais un concurrent de taille », souligne Frédéric Dabi. Si le patron du MoDem continue d'afficher son ambition présidentielle, il va désormais devoir composer avec la grande formation centriste que compte constituer Jean-Louis Borloo avant l'été. Celle-ci sera composée, selon ses dires, de « l'aile sociale, l'aile humaniste, les anciennes équipes de François Bayrou qui sont aujourd'hui au Nouveau Centre, les gaullistes sociaux, les écologistes… » Un large potentiel d'adhérents avec lequel le MoDem aura sans doute du mal à rivaliser.