Laïcité à l'hôpital: «C'est un faux problème»

TÉMOIGNAGES es soignants, médecin et infirmiers, racontent leur expérience de prise en charge de femmes musulmanes...

Julien Ménielle
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Un médecin auscultant une jeune femme 
Un médecin auscultant une jeune femme  — HOUIN GERARD/SIPA

«On sait qu'à l'hôpital il y a un certain nombre de personnes qui refusent, pour des femmes, des soins prodigués par des hommes.» Claude Guéant, préparant le terrain à la convention UMP sur la laïcité, a mis l’accent sur les problèmes posés en milieu hospitalier. 20minutes.fr a contacté des soignants pour leur demander leur expérience sur le terrain.

«En douze ans passés à l'hôpital, je n'ai qu'une anecdote: un homme musulman qui refusait que sa femme soit examiné par un médecin masculin», raconte Stéphanie, qui a travaillé comme infirmière en région parisienne et sur l’île de la Réunion. Même son de cloche du côté de Christophe, ancien infirmier en réanimation dans les Yvelines: «Je n’ai jamais rencontré de problème particulier».

«Ces situations sont relativement marginales»

«Aujourd’hui, en soins à domicile à Trappes, j’ai énormément de patients et patientes musulmans. J’ai eu une fois une demande par téléphone d’une patiente qui préférait une infirmière, mais je soigne des femmes voilées, tout en autorisant leur mari à être présent», poursuit Christophe. Alors les patients musulmans sont-ils réellement un «problème» qu’il convient de régler? «C’est un faux problème car ces situations sont relativement marginales», répond le Dr Jean-Pierre Esterni, cancérologue à Toulon.

«Je n’ai jamais été confronté à ça, bien que suivant régulièrement des cancers du sein chez des femmes musulmanes», poursuit le médecin. Et dans le cadre de son mandat de secrétaire général du Snam HP (syndicat national des médecins, chirurgiens, spécialistes et biologistes des hôpitaux publics), Jean-Pierre Esterni l’affirme: «C’est probablement une réalité ici ou là, mais je n’ai jamais eu de remontée de terrain.»

«Ça finit toujours bien»

«Je dois rencontrer le problème à peu près une fois par mois», observe de son côté Caroline, qui a exercé sa profession d’infirmière dans différents hôpitaux parisiens. «Généralement, ce sont des femmes qui ne veulent pas être soignées par un homme, ou leur mari qui veut être présent», poursuit-elle. Ces derniers demandent parfois une présence féminine si leur femme est prise en charge par un homme, mais «ça finit toujours bien», indique Caroline.

«Des lois existent déjà», rappelle Christophe. La loi de 1905, mais aussi la circulaire du 2 février 2005 relative à la laïcité dans les établissements de santé. Cette dernière précise les modalités de la liberté dans le choix de son médecin garanties par l’article L 1110-8 du Code de la santé publique, sans toutefois apporter de solution quant au problème posé quant au sexe des soignants. D’ailleurs, note Jean-Pierre Esterni, «il y a aussi des femmes non musulmanes qui préférent être suivies par des gynécologues de sexe féminin».

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